jeudi 23 septembre 2010

la cote 400

Voilà un titre qui va tout de suite parler aux professionnels de la profession :-) 
 ["...la bibliothèque est un lieu multiple, qui se prête à des métaphores successives. Moi j'en ai fait un lieu de savoir et lieu de l'ordre évidemment, mais aussi un lieu d'histoire, un lieu mythologique, puis un lieu thérapeuthique, lieu politique, enfin un lieu de drague, lieu sexuel, bref un lieu existentiel..."] 




La cote 400 est le premier roman de Sophie Divry (journaliste). Il a de particulier de raconter en 64 pages et sans respirer le néant la vie d'une bibliothécaire névrotique qui s'occupe du rayon géographie alors qu'elle aurait aimé s'occuper du rayon histoire. 
C'est bref, ça se lit d'une traite et ça vous laissera pantois parce que vous y aurez trouvé quelques vérités, grincé des dents, râlé... Vous vous direz non ce n'est pas moi du tout, par contre cela me fait penser à des personnes croisées au cours de ma carrière. 
["... Moi je suis une taylorisée de la culture, sachez-le pour être bibliothécaire il faut aimer le classement et être obéissant..."]
 (A garder en mémoire les jours de grosse affluence à la bibliothèque ;-)

Sa description des différents espaces de la bibliothèque est assez caustique aussi : 
[... A côté citadelle imprenable le bas-clergé du rayon enfants, je ne parlerai pas des zones franches dévolues aux disques et aux dévédés ce sont des parvenus..."] ;-)

J'aime biens certaines de ses sentences qui secoue un peu les consensus mous : 
["... Pas de pitié pour les mauvais livres. Et, dans le doute, soyons méchants..."]

Evidemment dans ce livre il y a aussi une histoire d'amour :
["... Heureusement qu'il y a 2 000 ans de civilisations derrière-moi et le ficus entre nous, sinon..."]

Conclusion :  un livre à lire par tous les bibliothécaires bien sur, mais je me demande aussi ce qu'en penseront les non-bibliothécaires, le public, nos lecteurs en somme. Ont-ils vraiment cette image de nous ?
 Et sinon : rassurez-moi il n'y a pas un ficus dans toutes les bibliothèques, dites-moi, s'il vous plait, que vous n'en avez pas dans votre bibliothèque ? 

lundi 20 septembre 2010

Le MLF, Les MILF et les autres

Cela fait plusieurs semaine que je repousse la rédaction de ce billet (sans bibliothéconomie)
Dans ce billet je ne prétends pas apporter quoi que ce soit, juste donner un point de vue : le mien. Garder une trace d'une lecture et d'un sujet qui me tiennent à coeur. Ce billet est un peu plus personnel que ce que je mets habituellement en ligne ici.
J'ai laissé passer l'occasion lors de l'anniversaire des 50 ans du MLF. Mais là, il faut que je me lance surtout depuis que j'ai rencontré en vrai @Olympeblogueuse. Une rencontre très sympa, tout comme la soirée ou nous avons fait connaissance la désormais place to be : la #twittdarouen.

Presque inévitablement le sujet du livre de Badinter "Le conflit" est arrivé sur le tapis d'autant plus qu'au cours de la soirée nous étions avec de jeunes parents et de leur adorable bébé. Dont on retiendra et j'imagine qu'on ne manquera pas de le lui rappeler plus tard (au bébé), que son père lui a changé sa couche (non lavable) sur la table d'un bar devant un public ébahi et les flashes des photographes qui ont voulu immortaliser et twitter cet instant (pauvre gamine ;-)




Donc j'ai évoqué le livre d'Elisabeth Badinter devant Olympe et @laureLef : que n'avais-je pas fait là ? j'ai eu du mal à défendre mon point de vue tant elles sont montées tout de suite au créneau. Evidemment si j'avais mieux lu le blog d'Olympe j'aurais su qu'elle avait fait des billets sur le sujet et j'aurais pu l'aborder sous un angle différent. Je vous rassure la conversation est restée cordiale et je pense que nous aurions pu continuer longtemps... Car je reste convaincue que ce livre a le mérite de poser de vraies questions et de nous remettre en mémoire certains combats féministes (là je vais me faire huer donc je précise : je ne dis pas que Badinter est une féministe). Elle appuie là ou ça fait mal et notamment sur cette "connivence naturelle" entre les féministes et les écologistes qui prônent un retour au naturalisme.

C'est de mon point de vue un naturalisme aliénant qui porte préjudice aux femmes, d'autant plus qu'il porte le masque de la culpabilité et contraint les femmes à se soumettre d'elle-même sans même que l'homme n'ait à lever le petit doigt : la femme s'enchaîne toute seule, volontairement, chose qu'elle sait si bien faire !
Allez admettons-le c'est impossible, contrairement à ce qu'énonce la presse féminine, de concilier une carrière équivalente à celle d'un homme et l'élevage d'enfants... Et toutes les aides gouvernementales n'y suffiront pas : E. Badinter le démontre en citant les enquêtes faites dans les différents pays européens. Il n'y a pas qu'un aspect pécunier : Le poids de la société est bel et bien là, et si les femmes pensent s'en être débarrassé, il leur retombe dessus au moment ou elles sont le plus fragiles : la grossesse !
C'est à ce moment qu'elles vont essayer de trouver un modèle et seront prêtes à essayer n'importe quoi pour tenter de se rassurer. Certaines auront la chance (ou pas) de trouve un modèle avec leur mère, d'autres feront un mix et d'autres encore se chargeront d'un joug inutile parce qu'il fait modèle : allaitement, couches lavables, cododo, tous ces préceptes qui excluent le père et prônent ce retour au naturalisme tellement tendance... Oui vous êtes un peu plus esclave mais au moins vous êtes tendance ! 
Certes on focalise sur l'allaitement et les couches lavables qui soi-disant représentent une économie (je ne reviens pas dessus) et si la machine à laver a bien été un vecteur d'émancipation de la femme, on peut  évoquer la façon dont est traité, au contraire, le sèche-linge dans l'imaginaire collectif. Il est : présenté comme une nuisance : ahhhh faire sécher son linge au grand air, les économies d'énergie générées par ce retour à la nature en plus votre linge sentira le bon air frais (par contre on évite de vous parler des 70% d'économie en temps de repassage... Et si vous habitez en ville on n'évoquera pas non plus le Tancarville devant les radiateurs)

[...Rien  ne vaut la servitude volontaire !
... C'est l'innocent bébé - bien malgré lui- 
qui est devenu le meilleur allié de la domination masculine...]

J'ai en ce moment mes deux nièces qui sont enceintes, je vois la pression qu'elles subissent et franchement ça me met hors de moi : l'une des deux avait des le départ décidé de ne pas allaiter son bébé afin de préserver "son intimité avec son amoureux" et je vois sa décision faiblir, non parce qu'elle prend conscience d'un éventuel instinct maternel mais parce que, entre autres, des les premières séances de préparation à l'accouchement elle a senti l'opprobre jeté sur elle : hou la mauvaise mère ! Et ce regard accusateur ne venait pas que du personnel hospitalier mais aussi et surtout des autres futures mamans !
Sa soeur elle a fait le choix opposé avec une certitude qui m'a fait peur j'ai gratté un peu le vernis pour m'apercevoir que cette certitude n'était ni plus ni moins qu'un moyen de se rassurer en adoptant une attitude qui fait l'unanimité et donc par là même rassurante. tout au long de leur grossesse nous avons évoqué ce sujet parmi d'autres, elles m'ont dit qu'elles aimaient en parler avec moi parce que je ne portais pas de jugement et qu'elles avaient le sentiment d'enfin pouvoir confier leur désarroi. Paradoxalement celle qui avait décidé de ne pas allaiter son bébé a changé d'avis car elle se sent plus forte !

Le livre de Badinter est un livre militant dans la mesure ou il fait réagir. Je suis d'accord que certains points peuvent être polémiques, mais ce livre fait réfléchir et nous interpelle. Rien n'est définitif tout reste à faire ou à refaire car je partage le pessimisme ambiant qui fait craindre une régression du statut de la femme, par la perte d'acquis remis en question.
Et je reste convaincue que ce livre ne pousse pas à être de mauvaises mères mais, pour reprendre le titre d'un autre livre qui m'a beaucoup quand j'ai du moi aussi passer par ce stade, à "comment ne pas être une mère parfaite" (de Libby Purves )


J'espère que l'individualisme, dont il est question à la fin du livre d'E. Badinter, comme pouvant redresser la situation sera un "individualisme collectif" qui permettra aux femmes de prouver et surtout de trouver par ces comportement individuels, réfléchis, assumés, un équilibre personnel loin de toutes idéologies aliénantes et intégristes.

[addenda] : Une autre raison qui m'a poussé à publier ce billet c'est quasiment un appel au secours laissé par une lectrice sur le portail de la bibliothèque nous demandant d'acheter un livre sur les couches lavables :
J'avoue que sur le moment j'ai répondu à mon conservateur : "Elle pourra se l'acheter ce livre avec les économies qu'elle va faire sur les couches. Mais de toutes façons cet argent gagné sera si peu en comparaison du "temps pour elle" qu'elle va perdre. Elle n'aura pas le temps de le lire ce livre trop occupée à faire ses machines à laver et à étendre son linge..." Je regrette ses paroles c'est de la pure méchanceté mais je crois que la violence de ma réaction a été à la (dé)mesure de cette demande : faut-il être perdue pour espérer l'aide d'une bibliothécaire ;-)


Titre : Les couches lavables - Le retour 

Auteur : Marianne Markmann

Editeur : Jouvence

ISBN : 978-2-88353-707-1  

Commentaire : Bonjour, suggestion d'acquisition d'un livre sur les couches lavables. Ce livre est recommandé par des lecteurs. Il coûte un peu moins de 5 euros. Serait-il possible de l'ajouter à vos nouvelles acquisitions ? Merci de ce que vous pourrez faire.  une future maman intéressée par les couches lavables mais un peu perdue ...





samedi 18 septembre 2010

patrimoine virtuel

Aujourd'hui dans le cadre des journées du patrimoine je vous propose une visite virtuelle avec un site qui ouvre aujourd'hui et va intéresser tous les normands :

Mardi j'ai eu la chance d'être présente à la présentation du portail Sonothèque-hn  en présence de François Erlenbach directeur régional de la la DRAC, de Dominique Métot maire de Bolbec, de Jeanne-Marie Rendu et de Sonia Zillhardt  responsable plan national de numérisation, MRT - mission recherche et technologie, Ministère de la Culture (à qui j’ai écrasé le pied par inadvertance pensant qu’il s’agissait d’une irrégularité du sol ;-(
Il faut savoir que seuls deux projets concernant les musiques actuelles ont été retenus dans le cadre du plan national de numérisation, celui de la sonothèque et celui des Transmusicales de Rennes. La Normandie serait donc la seule à proposer à ce jour un site dédié aux musiques actuelles !


Ce projet trouve son origine dans la volonté du président de l’association Asso6sons qui souhaitait mettre à disposition les œuvres collectées au cours de leur activité. Ce projet va même au-delà puisqu’il compte remonter le temps aussi loin que possible.
Cependant se pose le problème récurrent des droits d’auteurs qui fait qu’à l’heure actuelle la totalité des œuvres ne peut être mise en ligne sur le site.

La sonothèque a plusieurs missions dont celle de collecter des œuvres auprès de tous ceux qui en possèdent (collectivités, particuliers, …) et de les valoriser (à voir sur le site). Le site propose une écoute complète des morceaux avec différents renseignements biographiques qui s’étofferont au fil du temps et des données trouvées. (un boulot de…)

La partie qui pourra le plus intéresser les mediathèques normandes, est le projet à terme d’installer des bornes de consultation de ce fonds patrimonial de musiques actuelles. 
C’est exactement ce qui avait été envisagé à une époque avec le Pôle régional des musiques actuelles avant que celui-ci ne splitte. Et malgré les années, ce projet reste toujours d’actualité dans le cadre de la valorisation de la musique actuelle régionale dans nos bibliothèques, qui est vu comme un moyen de garder un sens aux collections et de proposer aux usagers une offre riche et diversifiée. 
Tout en montrant que la dématérialisation de la musique a aussi sa place dans nos bibliothèques :-)


Je suis un peu sceptique sur le fait de ne mettre sur le portail que des albums de moins de 3 ans, afin de ne pas nuire aux royalties touchées par des compositeurs. Dans le cadre d’un album qui a du succès cela se justifie, dans le cadre d’une valorisation qui peut permettre la découverte d’un musicien un peu moins.
Dans le même ordre d’idée le directeur du Kalif (merci à lui) nous a fait don d’une compilation « hors-commerce »
Evidemment ma première question a été de lui demander si nous pouvions la mettre à disposition de nos usagers. C’est vrai j’avoue j’ai posé la question car je le sais un peu pointilleux sur la question. Il m’a évidemment dit non et je ne peux m’empêcher de me dire que sur la quantité distribuée il y a bien quelqu’un qui va la mettre en ligne faisant fi des droits ? 
Pourquoi priver des usagers potentiellement intéressés et curieux de la musique locale qui n’auront pu trouver cette compil puisqu’elle n’est pas vendue ?

(I have a dream : Quand une collectivité osera-t-elle franchir le pas et proposer des titres introuvables ailleurs dans un but non commercial (quitte à retirer ceux-ci si les ayants-droits le réclament ?) c’est mon coté hippie : il y a de véritables trésors inaccessibles à mettre en valeur, à redécouvrir et à faire découvrir, quel dommage que ces P… de droits nous empêchent de faire notre boulot, arrêtons de voir le mal partout et laissons la possibilité aux Generations X, Y, Z, … de découvrir autre chose que la soupe actuelle. Qu’est-ce cela changera au niveau des royalties puisque pour certains ils n’étaient même pas à l’époque déclarés à la SACEM et dans la mesure ou ces œuvres sont indisponibles que peuvent-ils en espérer ?  

jeudi 16 septembre 2010

euh

Dans la lignée du clip d'Arcade Fire, un site qui utilise lui aussi le navigateur, les fenêtres, etc...
Attention ça pique les yeux : euh

Mon préféré : 

mardi 14 septembre 2010

Memento

N'oubliez pas demain c'est la #jesaispluscombien 
Twittparty 
le rendez-vous est donné à 19h30 aux trois-pièces
(place du Général de Gaulle en face de la mairie)
Et comme on ne doute de rien 
après @Narvic 
Nous accueillerons un nouveau VIP 
en la personne

Le mot de passe est #twittdarouen 


lundi 13 septembre 2010

rentrée des classes

Catégorie : des petits riens de la vie quotidienne
La rentrée des classes a eu lieu et les premiers grands moment de solitude de la ménagère.

Vendredi soir je jette un oeil sur les devoirs de Generation Z pour le lundi : Rien.
Etonnée de ne pas voir mon WE ponctué par quelques révisions je questionne :
"Tu n'as pas de devoirs pour lundi ?"
Lui : "oui"
Moi : "je ne vois rien de noté"
Lui (soupirant devant mon incapacité à lire un cahier de textes) me colle sous le nez la page "samedi" du cahier de textes : "C'est écrit LA !"
moi : "oui mais c'est noté pour samedi et les devoirs sont pour lundi ?"
Lui (de plus en plus exaspéré) : "oui mais c'est pour demain les devoirs"
Moi : "non tu n'as pas d'école le samedi"
Lui : "bah c'est bien pour le jour d'après ? donc après vendredi c'est samedi !"
Moi : "non c'est lundi"
Lui ( de toute sa superbe) : "Ah oui ? Alors explique-moi pourquoi il y des pages pour le samedi si on ne peut rien y écrire ?"
Moi : ...


Si je ne m'abuse la majorité des enfants en primaire ont classe du lundi au vendredi (la réforme avait fait suffisamment de bruit)? Les cahiers de textes sont bien destinés, en gros, à des enfants du CE2 à la 6e ?
Alors pourquoi les cahiers de textes comportent-ils un onglet samedi ? C'est quand même un sacré gâchis de papier non ?

J'ai compté il y a 10 pages pour le samedi autant que pour les autres jours (d'ailleurs le samedi tout comme le mercredi ont toujours été des 1/2 journées de cours alors pourquoi ne pas diminuer de moitié le nombre de pages pour ces jours ?)
Les chiffres du ministère indiquaient 6 643 592 écoliers pour l'année dernière en supputant qu'il y a moins d'élèves cette année que seuls les CE2, CM1 et CM2 utilisent un cahier de textes (Je n'inclue pas les collégiens qui basculent très vite vers des agendas...)
Ca nous fait en gros quand même :
3 000 000 X 10 pages samedi = 
30 000 000  feuilles de papier gaspillées ?

Et après on va me chipoter parce que j'ai des doutes sur certaines actions soi-disant écologiques, développement durable...
;-)

jeudi 9 septembre 2010

public chéri mon amour

Au départ ce billet devait être un commentaire chez @liberlibri mais au vu de la longueur et de ma dérive qui me fait devenir hors-sujet, je le publie ici avec un lien vers le billet de @liberlibri à lire quand même avant ce qui est écrit ci-dessous
(Préambule linguistique : BU = Bibliothèques universitaires, BM = bibliothèques municipales)




A lire les blogs ici et là, la rentrée s'annonce plutôt morose dans la biblioblogosphère, à cela s'ajoute les Cassandre qui tirent à vue : si tu as plus de 40 ans et que tu es bibliothécaire le mieux est de t'enfermer dans ta bibliothèque et de n'en sortir sous aucun prétexte et surtout de te déconnecter du web (de toutes façons d'après certains tu sais à peine ce que c'est ;-) Oui je suis une fois de plus un peu énervée et même en colère, une colère saine, je l'espère, qui me fera évoluer et peut être même faire mon mea culpa dans quelques semaines ou plutôt dans 6 mois...
Pourquoi 6 mois ? : Une promesse/engagement prise avec Daniel quant à la prédiction du remplacement des livres par les liseuses/Livrels/ebooks (déjà quand on sera capable de se mettre d'accord sur un nom pour cet objet...) dans une discussion qui faisait suite au billet de Liberlibri.
Ce billet court et cependant très révélateur portait sur la pratique des usagers en BU et si je suis d'accord avec elle, je diverge totalement de certains avis émis en commentaires qui font, à mon sens, un amalgame entre les publics aux motivations différentes des BM et BU.
Je m'explique : qui dit public captif dit obligation, c'est effectivement le cas du public de BU qui a obligation de lire certains manuels dans le cadre d'un cursus universitaire et ces manuels se trouvent à la BU, donc ils vont à La BU de façon obligée. Il n'en va pas de même du public qui fréquente les BM. Ce n'est pas un public captif car il n'y a aucun caractère obligatoire à ses lectures. C'est pourquoi, je pense,  ce public ne ressentira pas le besoin de télécharger illégalement des livres pour les lire dans des conditions précaires ?
Si les BU ont à craindre, à juste titre, la perte de ce public captif, qui trouvera par d'autres biais ce dont il a besoin et continuera à assimiler la BU à une obligation, je pense qu'il n'en va pas de même pour les BM parce qu'elles proposent une lecture "loisir" (je déteste ce terme qui donne à  la lecture ou l'écoute de musique un caractère festif le dissociant des pratiques culturelles)
CEPENDANT ne nous réjouissons pas trop vite, il y a danger aussi pour les BM et ce danger ne vient pas des liseuses et des téléchargements numériques de livres (une pratique peut s'ajouter à une autre sans la remplacer ?). Les amateurs de liseuses continueront à cotoyer les lecteurs papier (à condition bien sur que les bibliothèques aient une offre à destination de ce public de niche)
Le danger vient de la dispersion de l'acte de lecture, on continue à lire mais plus de la même façon : de (courts) articles sur le net et surtout Le temps pour la lecture "classique" se réduit de plus en plus, nous sommes sollicités par Internet, nous y passons le plus clair de notre temps et un sondage récent vient de faire état d'une augmentation passée devant la la télévision "moderne" (j'entends par là la TV liée aux box qui propose désormais les chaines Youtube, Dailymotion, etc... que l'on regardez auparavant sur son PC et qui pourrait expliquer ce revirement de situation quand on pensait la TV en passe de perdre son monopole) Très logiquement il y a une pratique qui fait les frais de ce temps non extensible et c'est dans la plupart des cas la lecture "loisir".
On voit de moins en moins de "gros" lecteurs dans les bibliothèques, on constate aussi que de plus en plus  nos emprunteurs quand on leur conseille un livre de plus de 700 pages nous disent "je vais le lire pendant les vacances" Et c'est là que moi aussi je vais faire un amalgame qui va me valoir les foudres des amateurs de liseuses : Emmène-t-on une liseuse à 200 € et plus sur la plage de la même façon qu'on emmène un poche à 5€ ? Par contre sur la plage on prend son téléphone et de plus en plus nos téléphones sont connectés à Internet... Ce qui fait que même ce temps passé sur la plage habituellement consacré à la lecture se trouve grignoté...

Si les bibliothèques ont à craindre ce n'est pas des liseuses mais du manque de temps consacré à la lecture ?
On en reparle dans 6 mois ? En comparant les chiffres de vente des tablettes tactiles (type Ipad) et des liseuses ?

mardi 7 septembre 2010

lundi 6 septembre 2010

préambule linguistique :
si la formulation de la question vous paraît bizarre 
c'est peut être parce que JF Cusson vit à Montréal


J'avoue que cette question m'a interloquée et ce tweet m'a poursuivi et me poursuit encore
Dans un premier temps je me suis dit : bah oui pourquoi ?

Et je me suis dit aussi c'est vrai on prête pas systélmatiquement une méthode pour apprendre à lire nos livres ? 
En extrapolant je me suis dit aussi (oui je sais je me dis trop de choses ;-) mais pourquoi on prête de la musique enregistrée après tout on pourrait se contenter de prêter une partition à charge à l'emprunteur de jouer le morceau ? OK pour Brassens ça peut le faire par contre pour rejouer la tetralogie de l'anneau ça risque d'être un peu plus compliqué...

Bon plus sérieusement pourquoi on prêterait pas des liseuses ? 
Peut être parce qu'on est supposés proposer un accès à la culture au plus grand nombre ? Et que si c'est accès doit passer par le prêt du "matériel d'accompagnement" comme ont dit en langage bibliothécais pourquoi pas ?
On s'en est dispensés pour les CD et DVD parce qu'il est quasiment acquis que comme la lecture, la plupart de nos emprunteurs possède un moyen de lire les CD/DVD. Dans l'hypothèse basse, certaines bibliothèques proposent une écoute ou une lecture sur place qui pourra pallier à ce manque d'équipements.

En fait cette question est une mauvaise question elle est réductrice voire étroite d'esprit (je me permets d'écrire cela car je pense que la question de JF_ Cusson était volontairement provocatrice et tendait justement à ouvrir le débat ;-), ne pas prêter de liseuses sous prétexte qu'on ne prête pas de lecteur DVD, c'est donner une vision limitée des bibliothèques. Ce principe d'accès à la culture ne doit-il pas plutôt nous pousser à proposer tous les outils qui permettent cet accès ? 
Comme des connexions internet ? Ou à l'instar de ces bibliothèques d'Europe du Nord qui rpoposent des lunettes-loupes à la banque de prêt ? Ou encore comme je l'avais évoqué ici des clés USB qui permettraient aux personnes malvoyantes d'avoir accès plus facilement à un plus grand choix de titres ?  Et en allant plus loins comme le pratiquent certaines BU le prêt d'ordinateurs portables ? 

Alors oui au prêt des liseuses ou de tous autres moyens qui permettra aux usagers des bibliothèques de se forger son esprit critique, de s'ouvrir à d'autres cultures, de se sortir de son contexte.... Ou pas 

dimanche 5 septembre 2010

fashion victim

Post sans bibliothéconomie, mais avec une paire de chaussures à vendre.
Et pour continuer sur les pubs imbéciles :
A New York j'avais repéré des New-yorkaises avec des chaussures bizarres (des espèces de baskets à plateformes) j'en avais essayé mais j'avais trouvé leur confort bizarre et surtout leur pris hors de propos. En surfant sur le net j'ai appris que Reebok lançait un modèle similaire en France (et cette fois à un tarif abordable). 
Go Sport en assurait l'exclusivité, un jour de déprime j'ai donc tenté ma chance et cela m'a plutôt réussi puisque j'ai trouvé cette paire de chaussures miracle (bizarrement en soldes le lendemain de leur sortie : ça aurait du me mettre la puce à l'oreille). 
J'ai donc investi dans cette paire de chaussures sensées solliciter des muscles qui ne servent pas souvent (surtout chez moi ;-) : Il faut savoir que la dernière fois que j'ai acheté une paire de baskets doit remonter à une 15aine d'années (Elles sont en parfait état mais totalement démodées) 

Mon retour à la maison a déclenché un fou rire général au vu de mon achat je vous passe les commentaires. Mais le pire c'est quand Generation Y et Z ont découvert la marque et le modèle des chaussures. Ils se sont quasiment roulés par terre en se tenant le ventre...
Devant mon incompréhension ils se sont empressés de me montrer ça : 



Moi qui viens de faire un billet sur les pubs sexistes, je me retrouve avec LA paire de chaussures de cette P$*ù=$ de pub nulle et qui une nouvelle fois donne une image de la femme parfaite qui travaille, fait le ménage, les courses, ... tout en faisant du sport !

A vendre donc : la paire de chaussures en photo à la fin de cette pub le modèle noir et rose...

PS : billet non sponsorisé ;-)

samedi 4 septembre 2010

et c'est reparti...

Et c'est reparti : les samedis ou vous etes le seul à vous lever ou il ne faut pas faire de bruit tout le monde dort encore. 
On peut y trouver quelques avantages : y'a pas de bouchons sur la route. Vous êtes exempté des courses (mais de toutes façons vous bossez dans un centre commercial alors la foule, le bruit, la queue vous n'y échapperez pas...)
Le samedi c'est le jour de point d'impact de toutes les catégories : pauvres, riches, jeunes, vieux, célibs, familles, enfants, touristes, travailleurs, exclus, intégrés, gentils, emmerdeurs... qui parfois ont du mal à se cotoyer

Et c'est le plus fatiguant s'adapter à chaque fois, modifier son discours, son langage tout en gardant ses réserves et en essayant de faire comprendre pour la 20e fois de ce jour d'achat des fournitures scolaires que :
- "non, nous n'avons pas le manuel scolaire de SVT pour la seconde E" ... et que si nous l'avions eu il serait déjà parti 19 fois... 
- "Non plus : on ne peut pas acheter nos livres"
- "Oui pour emprunter il faut être inscrit !"
Et :
- "Vous n'étiez pas obligé de ramener la plage avec vous et surtout les étoiles de mer ça sèche mal dans les livres..."
- "Le Katherine Pancol n'a pas survécu à la marée montante ? ah dommage y'a juste 50 personnes qui l'attendent !"
Et encore :
- "Mais j'étais là avant elle ! pfffff ! c'est comme au supermarché les vieux faut toujours qu'ils viennent emmerder les gens qui bossent !"
- " Naaaaaaan mais vous comprenez je travaille moooooooooi !" (et nous on joue aux petits chevaux ?)
- " Commmment çaaaaaaaaaa le Katherine Pancol est "manquant ?" Là on aurait juste envie de mettre en contact les lecteurs : "demandez à la lectrice là-bas toute bronzée elle va vous expliquer (gniark ! gniark !)


Oui bien sur j'exagère comme d'habitude et je les aime mes lecteurs, mais je vous assure c'est quand même le sentiment que l'on a en ces fins de journées de rentrées scolaires



jeudi 2 septembre 2010

la musique comme produit d'appel

Je reprends le titre du très bon article paru sur "The Nô way" que je vous invite à lire pour une autre variation de la musique comme produit d'appel...
Si d'aucuns considèreront le projet présenté ci-dessous comme tel, il s'agit plus à mon sens d'une vraie variation artistique et inaugure une nouvelle façon de concevoir un clip musical.
Cette oeuvre est le fruit de la collaboration d'Arcade Fire et de Google et plus particulièrement du navigateur de Google : Chrome puisqu'il faut l'installer pour pouvoir profiter de ce clip


Je ne sais combien de nouveaux utilisateurs cela va rapporter à Google, ni de fans à Arcade Fire, mais le concept est vraiment bluffant


Vous entrez le nom de la rue de votre enfance (ou de celle dont vous auriez aimé être natif ;-) vous lancez la chose et vous n'avez plus qu'à regarder comment on peut faire d'un navigateur un objet poétique


Si vous allez jusqu'au bout n'oubliez pas le double-clic pour personnaliser un peu plus votre clip...


Enjoy ! 

mercredi 1 septembre 2010

ca m'enerve

Le premier énervement de la rentrée, je ne sais pas si c'est à cause de l'anniversaire du MLF qui a fêté ses 50 ans dans l'indifférence générale ou la lecture du "conflit" d'Elisabeth Badinter ou les deux à la fois, toujours est-il que cela a réveillé en moi un féminisme et une envie de mordre que je n'avais jamais vraiment ressenti auparavant.

Depuis plusieurs jours je passe devant un panneau publicitaire qui affiche une "Sophie 95 C" sur 4X3 M. A chaque fois je n'ai pas le temps de voir à quoi correspond cette pub qui a le don prodigieux de m'agacer : si mes souvenirs sont bons même Miss France ne donne plus ses mensurations !


Au risque de coups de klaxons impétueux parce que je n'avançais pas,  j'ai fini par réussir à déchiffrer le site internet à l'origine de cette campagne, je ne le donne pas il est suffisamment visible sur l'affiche et je n'ai pas envie de lui faire de pub. Car sous couvert d'un blog au ton fausse bonne copine/bon plan/ ce n'est que la vitrine de la marque "sans complexe" qui véhicule tous les clichés et paradoxes habituels (ménagère, femme active et séductrice) dont le plus flagrant sur cette affiche : "la taille mannequin c'est démodé" bin voyons ! Avec un mannequin qui n'affiche comme rondeurs que ses seins ? Et je ne ferais aucun commentaire sur sa moue grimaçante dont je m'interroge encore sur le sens à lui donner ? Ce qui me gêne dans cette affiche, et j'ai eu beau cherché et rappeler à mon bon souvenir les cours d'analyse de l'image dispensés à la fac, c'est que je n'y vois aucun second degré, aucune lecture cachée.
Sophie et Elodie affiche sans complexe leur forme ? Ouais,  ok et... ?

Sur le blog on peut télécharger Sophie ou Elodie en fonds d'écran : j'imagine bien sur mon pc "Sophie 95 C" : oh oui trop cool ! Déjà que je la vois tous les matins alors que j'ai encore l'oeil éteint, les cernes sous les yeux et que j'ai un brushing qui ressemble à... rien et elle qui fait rien qu'à m'énerver avec sa silhouette et son grain de peau parfait...

Bref et l'image de la femme dans tout ça ? Allez je parie que les avis masculins n'y verront aucun problème et les commentaires féminins diront que je chipote à voir une dégradation de l'image de la femme.