lundi 17 juin 2013

le hashtag pour les nuls

Ca y est la rumeur est devenue réalité : 
"Facebook index les hashtags" ! 
Enfin, Facebook copie s'aligne sur Twitter, Instagram, Flickr, Pinterest... Et donne une universalité à un usage devenu plus qu'une mode. Car c'est ce que l'on pourra retenir aussi des réseaux sociaux, ce sont des outils, certes, mais surtout les utilisateurs se les sont tellement appropriés que les usages dépassent l'outil comme c'est le cas du hashtag.

Bon là je fais une pause et si je ne veux pas perdre les quelques lecteurs de ce blog je me dois d'expliquer ce qu'est le hashtag mais surtout son utilité, car ne nous leurrons pas si cet usage connait un tel succès c'est qu'il a quelques utilités.
Le hahstag ce n'est pas le mélange de cigarettes qui font rire et de street art. On a d'ailleurs tenté de le franciser par #motdièse. En effet en anglais le # (alt gr+3 sur le clavier) c'est l'équivalent du dièse français associé au mot tag (le mot qui fait peur aux bibliothécaires) : taguer c'est indexer, c'est tenter en un seul mot de définir un objet, une personne, un lieu, un événement... (Bref le sport favori des bibliothécaires pour se donner l'air de s'y connaître. A titre d'exemple si vous cherchez dans certains catalogues de bibliothèques "le grand coq de bruyère" il vous faudra d'abord savoir que ce poulet s'appelle en fait le "grand tetras" et c'est à partir de là seulement que vous pourrez le trouver dans le catalogue ;-) 
Sinon pour le commun des mortels le tag c'est le mot qu'on met pour retrouver ses photos dans son ordinateur. Ce mot fait peur aux bibliothécaires parce que justement, rendez-vous compte le commun des mortels qui se met à indexer, sans aucune formation, avec des mots courants ! Non mais allo ! Le web va devenir n'importe quoi ! ;-)
Bref je digresse comme d'habitude, revenons à notre hashtag, donc vous avez compris il s'agit par ce #hashtag de repérer une personne, un événement, un lieu... Auparavant sur Twitter qui est à l'origine de cette pratique et maintenant sur Facebook. Quand vous écrivez un mot précédé d'un # ce mot devient bleu (ou une autre couleur ;-) mais surtout vous constaterez qu'en passant votre souris dessus il devient cliquable ( ça s'appelle un hyperlien ;-) 
Vous aller me dire on s'en fout quel intérêt ? Et c'est là le génie de la chose : imaginez vous êtes ou justement vous n'avez pas pu aller à une journée d'étude, à une conférence, une exposition, un concert ou tout autre événement qui vous passionne : l'anniversaire de Tata Chantal ça va être un peu plus compliqué. En effet pour que cela soit intéressant il faut qu'il y ait plusieurs personnes connectées qui puissent faire le live. Ca c'est l'autre génie du truc : vous êtes acteur, vous commentez , vous P-A-R-T-A-G-E-Z, c'est vous qui allez faire le succès de l'événement !
Pour l'anniversaire de Tata Chantal, il faudrait donc qu'il y ait quelques personnes connectées et si il y en a c'est parfois un peu compliqué dans certaines situations de sortir son téléphone à table et dire : "attends rallume les bougies j'ai oublié de mettre le #hahstag !" Donc vous avez assisté ou pas à l'événement du siècle et le soir en rentrant vous avez un compte-rendu à faire, vous voulez vous remémorez les bons moments, vous voulez vraiment regretter de ne pas être à ce concert. C'est simple vous tapez le bon hashtag (un exemple pris au hasard, #abf2013) et vous pourrez profiter des commentaires, des critiques, des phrases importantes, des photos de l'événement avec des regards différents et inconnus ou  votre unique regard si vous étiez seul à commenter l'événement (ça arrive aussi ;-) 
Le hashtag peut donc vous faciliter la vie si vous etes aller boire un pot si vous avez perdu vos notes ;-) A partir du moment où bien sur vous aurez penser à mettre un hashtag dans vos statuts facebook, twitter, Instagram...
C'est un excellent moyen de se tenir au courant de ce qui se passe, de suivre une actualité en temps réel avec souvent un temps d'avance sur les media traditionnels, mais surtout de bénéficier d'une information pluraliste et diversifiée, avec cependant, certains dangers liés à l'effet de masse qui prenne parfois des allures de lynchage. Mais inutile d'accuser les réseaux sociaux ils ne sont que le reflet de l'âme humaine. 
C'est aussi très souvent une source de fous rires qui vous feront perdre quelques "amis" ne  comprenant pas l'intérêt que vous portez à des événements comme le concours de l'Eurovision (#eurovision2013), l'amour est dans le pré (#adp qui redémarre ce soir :-). Effectivement ces événements n'ont guère d'intérêts mais ce qui les rends passionnants c'est justement le live et ces milliers d'internautes qui se retrouvent à commenter au point de parfois couper le son de votre TV pour ne pas entendre les vrais commentateurs. Evidemment les chaînes de télévision ont bien compris les enjeux de ces usages et vous avez certainement remarqué ce petit #dièse qui orne depuis quelques temps votre écran annonçant que vous pouvez participer au live. Avec l'effet inverse à celui escompté lorsque l'on essaie de récupérer un mouvement naturel souvent un vent contestataire voit le jour et un #hahstag #rebel #off apparaît.

Maintenant il reste LE pas à franchir pour ces réseaux sociaux qui sera à mon avis le plus compliqué c'est l'universalité. Car le nec plus ultra serait de taper dans votre moteur de recherches préféré un hashtag et de tomber sur TOUS les résultats car aujourd'hui vous devrez le faire sur chaque réseau social. Exceptés Twitter, Flickr et quelques autres  ou les résultats apparaissent en commun lors d'une seule et unique recherche. 

dimanche 9 juin 2013

congrès abf2013

Pendant que c'est frais un petit retour rapide du congrès...

 Cette année le congrès ABF s'est déroulé à Lyon, Lyon a ressemblé à une parenthèse enchantée au milieu de cet hiver de ce printemps maussade. Des 12° normands je suis passée à, comme on dit, une température ressentie d'au moins 32° ! Autant dire le moment idéal pour découvrir cette ville magnifique


L'occasion aussi de cumuler quelques #pointrennes

de découvrir quelques bâtiments pittoresques

ou quelques curiosités 

De profiter des berges

parce qu'à Rouen en ce moment les berges c'est ça :
via 76actu
Le stand des bibliothécaires hybrides cette année présentait des Fab lab, si je partais peu convaincue par ces démonstrations qui me semblait relever plus de l'atelier de Géo Trouvetou


J'ai découvert qu'en anglais "bidouilleurs" se disait "hackers", ce qui déjà prend une autre allure !



Mais surtout j'ai fini par me laisser convaincre, non pas que les bibliothèques devaient toutes avoir une imprimante 3D, non ! Ce qui rend la démarche intéressante c'est de pouvoir proposer éventuellement pendant un atelier pour construire soi-même une imprimante 3D ou effectivement d'imprimer des objets qui ne servent à rien mais qui peuvent déclencher un vrai intérêt pour le domaine des sciences et techniques si peu mis en valeur dans nos bibliothèques. Et puis, ça change des animations autour des travaux d'aiguilles ? 
Une occasion de tisser souder des liens avec des partenaires inhabituels ? 
L'occasion aussi de rencontrer un nouveau public ? 
Et ce qui a fini de me convaincre peut être : la possibilité de jouer du piano avec des oranges tout en tenant la main de 4 personnes ;-) 

Bref un congrès innovant et joyeux :



Vous comprendrez que pour des questions d'anonymat et de réputation
j'ai flouté cette photo ;-)

Un constat effroyable : s'apercevoir que l'on porte le même vernis qu'une collègue ;-)
Mais sinon l'ambiance fut très sérieuse et studieuse

Et puis pour clore ce billet 
la citation de la ministre de la culture Aurélie Filipetti, 
comme un baume au coeur,
insistant sur l'importance de 
la place de la musique et du cinéma 
en bibliothèques !


Vous trouverez le fil du congrès en cherchant #abf2013 et d'autres photos sur Instagram

vendredi 31 mai 2013

ma famille

Extrait d'une conversation :
Generation Y : aujourd'hui on nous a montré des manuscrits, il a fallu couper les pages au coupe-papier pour pourvoir les lire.
Moi : ???? .. Ah oui on t'a montré des vieux livres
Generation Y : oui des manuscrits et des vieux livres c'est pareil, c'était des Shalimar !
Moi : ...
Generation Y : mais si 
Moi : c'était pas plutôt des Gallimard ? 
Generation Y : oui c'est ça !
GenerationY : en même temps c'est normal que tu saches t'es bibliothécaire !
Le père : bah oui ! t'es au jus ! Ha ha ha 
Moi : .... 

mercredi 29 mai 2013

La Hollande l'autre pays des bibliothèques ou la fin d'un mythe

Comme je n'arrive pas à trouver un angle d'attaque pour le post sur les bibliothèques hollandaises je me suis dit que j'allais faire deux billets : un avec des étoiles dans les yeux et un autre plus réaliste et vous choisirez celui qui vous convient. 
Ce billet est un témoignage, il n'est que l'expression d'un ressenti peut être faussé par la barrière de la  langue, je suis prête à approfondir avec tout bibliothécaire hollandais et... francophone


La fin d'un mythe (part I)

Un peu comme les films dont on vous parle avec tant d'enthousiasme et qui font l'unanimité, lorsque vous allez les voir vous sortez déçus, c'est pour ça que je n'ai toujours pas vu Titanic ni lu Belle du seigneur ;-) Je me souviens la première fois que j'ai eu ce sentiment c'était il y a bien des années, à la fin de la lecture d'un roman de Pagnol, je ne sais plus lequel mais je me souviens parfaitement bien de l'idéal du gamin qui s'écroule quand il s'aperçoit de tous les défauts de ce qui l'entoure et des allers-retours aux toilettes de son amie en pleine gastro. Ca devait être ma première étude de texte... Et bien les bibliothèques hollandaises m'ont fait le même effet.
Et vous savez combien on peut être sévère avec ceux qu'on a aimé.


Bref, comme vous l'aurez compris, je viens de passer 4 jours en Hollande à visiter des bibliothèques, dans ce programme était prévu la visite de l'OBA, la célèbre bib d'Amsterdam,


et la DOK à Delft, l'autre bib mythique, plus quelques autres cerises sur le gâteau que je garde pour un autre billet.

Alors dire que j'ai été déçu oui, car cela fait des années que je bave devant les photos de ces bibliothèques, la blancheur de l'OBA, les innovations de la DOK, ont contribué à me faire une autre image des bibliothèques et ... de mon métier.


Certes l'OBA est bien blanche, mais très froide aussi, elle est tellement immense qu'on si sent bien seul (28 000 m²) des plateaux de 2400 m² avec un bibliothécaire par plateau, autant dire que pour le renseignement... Bah le temps de trouver le bib vous avez oublié ce que vous vouliez lui demander  (ou comment exploiter le concept de la serendipité dans une bib 3e lieu c'est assez réussi ;-) 
Les I-mac ont vieilli, nous n'avons pas vu de tablettes, de liseuses, pas de connexion wi-fi non plus, sauf pour les inscrits.

Les collections semblent figées, dépassées même, si bien rangées qu'on se demande si elles sont empruntées... (si quelqu'un a les volumes de prêt de l'OBA je suis preneuse) 





Oui c'est grand et très... aéré, si on compare c'est 500 000  documents alors que la bibliothèque de Bordeaux qui vient de réouvrir après travaux c'est 1 000 000  de documents et 27 000 m² !
Par contre le bâtiment de l'OBA est une magnifique vitrine sur et pour la ville.


L'approche des hollandais concernant les bibliothèques est très pragmatique certes, mais très mercantile aussi. Quand une bibliothécaire de la banlieue d'Amsterdam nous a annoncé que son salaire était composé pour 80% de fixe et 20% de part variable, on a senti un frémissement dans l'auditoire.
20% liés aux objectifs réalisés ou pas ! Cette bibliothèque d'ailleurs allait fermer 15 jours pour réorganiser ses collections afin de correspondre au plus près aux résultats d'une enquête sur le public (et aux objectifs fixés ?)


Mon coeur s'est serré en apercevant les bacs à CD vides, prêts à être retirés parce que "Le CD ça ne marche plus, vous savez avec Internet... !" (heureusement la bib de Rotterdam viendra en contre exemple) 
Donc le CD ne marche pas mais tout comme chez nous l'offre des bibliothèques via le net est quasiment inexistante, cependant on n'hésite pas à supprimer une partie de l'offre que devrait proposer une bibliothèque.
Rijkmuseum

J'ai tenté la question : "et si le livre numérique prenait le pas sur le livre papier vous supprimeriez le livre ?" Et  là même réponse que chez nous : "jamais le livre ne disparaîtra !"
Si j'en suis convaincue aussi, j'ai toujours ce sentiment qu'on prend le problème à l'envers : Penser support avant de réfléchir d'abord à l'offre.
Et si cela devait arriver ne serait-ce pas la fin des bibliothèques ? Avec le même argument : vous avez supprimé la musique, vous pouvez bien supprimer aussi la presse, puis les docs, puis les romans, puis... On trouve tout sur Internet
Bref je m'éloigne à nouveau, je me suis quand même dit à ce moment que leur politique était vraiment différente plus proche du clientélisme, bien loin de la notre si militante. Par exemple l'enquête sur le public hollandais a démontré qu'il pouvait être intéressant de disposer des romans sentimentaux à proximité des livres pour enfants car cela permettrait aux mamans d'emprunter.
Oui,je sais là vous me dites et les papas ? Evidemment, sauf que, d'après les enquêtes, statistiques et autres en Europe du Nord et en Allemagne ce sont essentiellement les mamans qui arrêtent de travailler pour élever les enfants, c'est culturel, on alimente des clichés et pis c'est tout !
Mouais... Une de mes voisines me suggérait : ce serait nous on tenterait un "osez le féminisme", "comment reprendre le travail après bébé" ou encore "comment se débarrasser de bébé" ! Je ne cite pas "50 nuances de Grey", qui pour moi est une forme de roman sentimental, et qui de toutes façons ne pose aucun problème aux hollandais totalement décomplexés eux sur le sujet.


Il faut savoir que toutes les bibliothèques hollandaises dépendent de "NDB Biblion", sorte d'entité fantasmée par les bibliothécaires français à travers le brouillard de la langue, comme une nébuleuse semi-privée avec des ramifications partout et dans tous les domaines un peu comme si l'ABF s'acoquinait avec le SLL et la SFL.

Tout passe entre leur mains, du design des bibliothèques, à l'organisation des collections (façon librairie), à l'équipement des documents (de la cote, couverture, à la puce RFID), la communication (de fait toutes les bibliothèques ont la même signalétique, ce qui ne laisse aucune place au folklore ;-) 



Jusqu'à la politique documentaire pour les bibliothèques qui le souhaitent (ou ne peuvent faire autrement ?): Vous pourriez me livrer 30 romans sentimentaux, 10 polars, 5 albums... J'ai toujours envie de dire dans ce cas là : "y 'en a un peu plus je vous le mets quand même ?"
Je n'ai pas compris si c'était une généralité mais il n'y a pas l'air d'y avoir de spécialisations, jeunesse, musique, adultes... En même temps si on ne choisit pas ses collections, ce n'est pas nécessaire non ?
 Il y a quand même une bonne nouvelle dans tout ça : ce sont des emplois précaires qui rangent les livres (en écrivant cela je me demande si tout compte fait, c'est vraiment une bonne nouvelle ?)
L'autre chose qui m'a chiffonné mais qui en même temps me plait c'est justement le rangement des collections, je n'ai vu personne se balader avec un chariot pour ranger, le peu de bibliothécaire s'emmerde est donc TOTALEMENT disponible.

 D'ailleurs le bibliothécaire est tellement disponible qu'on arrive même à se passer de lui : le reste du groupe a visité une bibliothèque qui ouvre sans personnel ! Oui zéro personne, nobody ! Mais ça je n'ai pu le constater moi même car ce jour-là je suis allée visiter le Rijkmuseum. D'ailleurs c'est un autre paradoxe : autant les horaires des bibliothèques sont larges autant ceux des musées sont restreints, à l'inverse de la France (question de choix, priorités ?)

Le retour des livres m'a fait pensé à  un acte honteux : on glisse les livres dans une fente et des machines cachées dans des pièces fermées au public s'occupent du tri. Bon j'exagère la Dok et la  bib de Rotterdam ont aménagé une vitrine (c'est culturel chez eux les vitrines ;-) pour les voyeurs curieux.



Cette visite s'est  faite dans un contexte économique particulier les bibliothèques hollandaises sont victimes de la crise et subissent de plein fouet les rigueurs budgétaires : il est ainsi prévu de fermer des bibliothèques de quartier à Amsterdam.
Je tiens aussi à couper court à une autre légende : non on ne mange pas où on ne boit pas partout dans les bibliothèques !



Des lieux sont identifiés, souvent l'espace presse comme à l'OBA et à la DOK ou les limites sont moins claires, nous avons d'ailleurs étaient témoins de la chute d'une tasse de thé , notre bib-guide s'est précipitée  pour aller chercher de quoi nettoyer ! Je tiens à préciser que cela ne me choque pas, c'est moins pire que du vomi ! J'aimerais bien offrir un café ou un thé de temps en temps aux lecteurs installés dans ma bib pour lire la presse ou écouter de la musique.
L'OBA et la DOK étaient pour moi deux bibliothèques mythiques, aujourd'hui elles ont vieilli



et n'ont plus ce côté innovant, la DOK met à disposition des tablettes et liseuses mais tout comme le ferait une FNAC et sans applications spécifiques ou connexions internet (pas de free wi-fi non plus à la dok)

Les usagers peuvent les tester prendre un petit descriptif et aller acheter le modèle qui leur convient.

Au moment de notre visite l'espace musique était lui aussi en réorganisation mais apparemment la musique ne semblait pas menacer, elle cohabite avec les jeux vidéo qui aujourd'hui eux aussi non plus cet aspect innovant.


Mais heureusement il y a eu la bibliothèque de Rotterdam et quelques autres surprises...
A suivre...

perspectives hollandaises

Toujours en attendant ce billet sur les bibliothèques hollandaises, une autre façon d'aborder la Hollande :





































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