jeudi 16 avril 2009

twit, twit et re-twit

Désolée ce post va être incompréhensible pour les non-twitters, mais je ne pouvais pas le publier sur Twitter en moins de 140 caractères (taille normalisé d'un tweet* ;-) j'ai donc choisi le blog pour exprimer mon mécontentement (à l'attention des non-twitters plutôt que de lire ce post lisez donc ceci )



Twitter a pris beaucoup d'importance, ces derniers temps, dans ma vie numérique, d'ailleurs, comme certains je commence à me demander, si il n'est pas en train de devenir ma principale source d'information...
Sauf que cette veille documentaire est de plus en plus polluée. En effet, il se développe depuis un certain temps un phénomène horripilant sur Twitter, comme cela s'est passé avec Wikio et ses pù*$^ù* de classements qui pourrissent la blogosphère et poussent les blogueurs à faire du chiffre pour être bien classés, quitte à dénigrer ce classement dés qu'il leur est défavorable !

Ce phénomène est lié, je pense au développement de Twitter, qui s'accompagne inexorablement de ces classements, dernièrement j'ai d'ailleurs reçu un tweet m'annonçant que j'avais gagné 20 places dans le classement Twitter. Pour qui, pour quoi, j'en sais rien et je m'en contref... Ce qui n'est pas le cas de tout le monde car, si j'ai bien compris, (mais je suppose que ceux qui suivent ça de près pourront apporter des éclaircissements ;-) pour être bien classé certains critères sont pris en compte et servent même à indiquer si vous êtes de vilains twitters autistes,
ce critère c'est le RT !
kezako le RT ? C'est le re-tweet ! Je développe : un twitter twitte un tweet q'un autre twitter re-twitte, d'ou le RT (comment ça vous n'avez rien compris ? Essayez en remplaçant twitte par schtroumpfe ?)
Au début c'était sympa, ça faisait comme certains l'avaient qualifié un effet d'écho ! Et ça partait d'un bon sentiment, celui de faire partager ses découvertes. Mais très vite c'est devenu insupportable, la communauté étant quand même restreinte, beaucoup d'entre nous suivent les mêmes twitters et ont donc déjà eu l'info. Il arrive d'avoir jusqu'à 5 fois le même tweet, avec à chaque RT le nom de la personne qui s'ajoute au tweet d'origine, finissant par le rendre incompréhensible, surtout quand certains re-twittent leurs propres tweets, repris par d'autres ! Tout cela pour accroître la popularité du twitter et par là-même obtenir un meilleur classement ?

J'en ai ras le bol de cette course aux RT ! J'ai donc pris la décision, et je sais que je ne suis pas la seule et aussi que tout le monde s'en fout ;-), de supprimer tout ce qui me polluera et me fera perdre l'intérêt que je porte à Twitter.
Je veux bien papoter, échanger au tour de la machine à café, mais je veux choisir avec qui et ne pas subir ! Quitte à passer pour une râleuse autiste et associable ;-)

*: sur Twitter (de l'anglais "gazouiller"), il y a des twitters (internautes qui gazouillent) et qui produisent des tweets (et non twits : qui désignent chez nos amis québécois : des personnes qui ne méritent aucune considération ;-)

12 commentaires:

Lully a dit…

Très intéressant, ce phénomène, que j'ignorais -- car je ne suis abonné qu'à 35 autres Twitters, et, effectivement, Twitter n'est pas pour moi un outil de veille à proprement parler (j'y lis peu d'infos dignes d'être qualifiées telles), mais un outil de chat permettant de voir vivre notre petite communauté. "Petite", précisément parce que c'est ainsi que je la "veux", càd en suivant peu de tweets.
Il est certain que je rate plein de choses. Mais en contre-partie je n'ai aucun de ces RT.
J'ignore ce qui vaut mieux. En tout cas je doute que ton billet résolve le problème -- bon, au moins, est-ce que tu te sens mieux ?

laure leforestier a dit…

pas trop de RT à déplorer de mon côté mais parfois l'impression agaçante d'une petite communauté très centrée sur elle-même avec des préoccupations qui m'échappent. j'aime beaucoup l'échange convivial, mais pas trop les clubs...

Liberlibri a dit…

Merci Sophie pour ce post !!

Si tu ne l'avais pas fait, je crois que je l'aurais écrit dans la semaine car, comme toi, je n'en peux plus. J'ai l'impression que j'ai eu la malchance d'ouvrir plus largement mon twitter au moment où les RT sont apparus :-(
Personnellement, il m'arrive de retweeter parfois mais uniquement lorsque je sais que l'information provient de quelqu'un qui a peu de followers, ou que ses followers ne se recoupent pas avec les miens.
J'ai malheureusement aussi fait du ménage, je n'arrivais plus à lire le fil des discussions perdues dans les RT.
Néanmoins, pour les serial twitters importants, j'ai une solution de repli, je les suis via mon agrégateur.
Une chose que j'attends de twitter est la possibilité de créer des listes des twitterers que je suis, cela afin de pouvoir filtrer mes lectures en fonction du temps dont je dispose...

@Lully : bienheureux que tu es ;-)

Jeanne a dit…

Il faudrait presque un filtre qui permettrait de cacher les doublons..
Oui, les retweets sont légions et plaies - et j'en use et abuse aussi je le crains.
Je réfléchis à comment mieux partager ces infos - peut-être l'adresser directement - ou alors un lieu de stockage externe..
Je comprends ce ras-le-bol des RT - il faut, il me semble, les repenser.
Merci d'avoir mis les mots dessus.

phelly a dit…

Et après il y a aussi la série des "merci pour le RT". Pourraient pas le dire en message privé?

Jigé a dit…

Salut amie française et merci du partage. C’est tout à fait par hasard, au gré de mes explorations des blogs, que j’ai atterri ici.

Intéressant la façon dont tu racontes les choses. Bravo! (Môa être plutôt philosophique). Mais je ne connais pas Twitter.

NOTE. Mon blog parle de la connaissance de soi. Si le coeur t'en dit, tu es bienvenue.

Anonyme a dit…

Le gazouillis ! L'ultime degré d'évolution des blogs sans contenus, qu'ils sont en passe de remplacer. 140 caractères et l'immédiateté.Et la course au classement, en prime.

Cette fois on sait où on va.

Aurélie a dit…

Ton post me conforte dans l'idée que Twitter ne (me) sert à rien... C'est marrant, j'ai des côtés techno parfois, mais je n'ai jamais, vraiment jamais, réussi à trouver une utilité à Twitter. J'ai beau essayer de m'intéresser pour comprendre l'engouement pour cet outil dans le milieu, il n'y a rien à faire, je ne vois pas quel usage je pourrais en avoir, ça me dépasse complètement. Je me sens déjà assez infobèse comme ça pour ne pas en remettre une couche ! Je pars en outre du principe que si une info n'apparaît pas dans les centaines de flux que je suis déjà avec difficulté en période tendue (c'est le cas en ce moment), c'est qu'elle ne doit pas être capitale.
Je vois bien l'intérêt "communautaire" du truc, son côté cours de récré sympa, mais ne cultive-t-on déjà pas une certaine forme d'entre-soi dans les blogs, entre-soi encore plus prégnant sur Twitter ? Et surtout, au détriment de quoi passer du temps sur Twitter ? Parce que ça m'a l'air fort chronophage cette affaire !

En fait, Twitter me fait un peu le même effet que fesse-bouc, que j'observe aussi de loin depuis des mois (et dont je ne vois pas non plus quel usage je pourrais en avoir - toujours se poser la question des usages) : il y a eu des early adopters (un certain nombre dans notre milieu professionnel il faut le reconnaître), qui voient l'outil évoluer dans le mauvais sens du fait de sa massification. Je vois bien de quoi il s'agit, j'ai connu ça en d'autres temps avec les forums. Au début il n'y a pas grand monde, c'est sympa, on est tous des bisounours. Puis arrivent les newbies qui ont vu que ce forum déchirait, puis arrivent, étape ultime, les trolls (entre temps, il aura fallu instituer des règles à la place de ce qui au départ était tacite puisqu'on n'était pas beaucoup). Au final, le "canal historique", qui se connaît par ailleurs IRL, s'en va, et va voir si l'herbe est plus verte ailleurs, sur un site plus confidentiel, où on recrée l'entre-soi "d'avant", sans le grand nombre qui salit tout (ce qui n'est pas sans me rappeler une phrase de Sartre qui m'a toujours gênée aux entournures : "Je me méfie toujours du grand nombre, qu'il applaudisse ou qu'il siffle. L'acquiescement du vulgaire ne va qu'à la vulgarité").
Tout ça pour dire qu'on touche avec Twitter au même problème qu'avec n'importe quelle communauté, qu'elle soit en ligne ou IRL : il arrive toujours un moment ou la popularité du truc en pervertit nécessairement l'esprit initial. C'est malheureusement humain (occidental devrais-je dire), l'esprit de compétition et la monétisation sont partout.

Ca y est, je suis devenue une vieille conne ;-)

Anonyme a dit…

Mais pas du tout Aurélie ! Vous posez toutes les bonnes questions. Maintenant il faut y répondre : Rester dans la cour de récré de la massification pour gazouiller avec les zoziaux, au risque de cotoyer le vulgaire, l'ado, et l'inutile. Ou bien fuir le gadget et courir le risque de "passer pour une vieille conne". (Mais aux yeux de qui, au fait ?)
Mais rassurez-vous cela n'arrive qu'à ceux qui veulent "faire jeune" à tout prix. Quand leur masque tombe...

Sophie a dit…

@aurélie : tu as certainement raison et ça doit être mon coté ado attardée (qui veut faire jeune ;-), je n'ai pas du assez chatter dans des forums plus jeune (ceci dit, là c'est moi la vieille : car ils n'existaient pas ;-) Je reviens quand même sur certains points de ton com' : moi non plus je n'aime pas FB, bizarrement je n'ai jamais pu m'y faire et je trouve FB à l'inverse de Twitter très chronophage
Twitter ne fait pas double emploi avec ma veille documentaire il la facilite, d'où le billet sur les re-tweets qui justement perturbent cette veille.
Les derniers chiffres annoncent une progression de 156% de Twitter, mais surtout ces chiffres montrent que les réseaux sociaux remplacent de plus en plus les mails...
Quant au fait qu'il soit chronophage non, bien au contraire un add-on à Firefox qui te permet de suivre en temps réel,c'est tout, évidemment si tu commences à essayer de relire les tweets que tu as raté sur une journée, tu es mal partie, de plus, ça n'a aucun intérêt, l'intérêt de Twitter est dans son immédiateté...

Aurélie a dit…

Tu viens de mettre exactement le doigt sur ce qui je crois me pose le plus de pb avec Twitter : l'immédiateté. Pour une bonne raison : la plupart du temps, mon activité de veille en ligne se fait chez moi, le soir et le week-end... Et c'est le comble du cordonnier mal chaussé qui s'applique à moi, je suis en effet infobèse. Plus les années passent, pire c'est, mais les différentes facettes de mon activité professionnelle m'obligent à rester sur le qui-vive en permanence. Sauf que je viens (enfin !) de comprendre que le plus important pour moi (on en revient toujours à la question des usages) n'était peut-être pas d'être informée tout de suite. C'est en rentrant de vacances que j'ai réalisé ça. Non pas que la zenitude nippone m'ait fait atteindre un degré de conscience supérieure (on fait plus zen que Tokyo !). Non en fait c'est surtout la saturation et le bazar incroyable qui règnent dans mon agrégateur qui m'ont fait dire stop. J'ai décroché pendant plus de 10 jours. Avant même de monter dans l'avion du retour, j'étais déjà angoissée par la masse d'information que j'allais devoir ingurgiter pour rattraper ma veille en retard. Sauf que mon cerveau n'est pas Shiva, surtout avec 8h de jetlag à récupérer ! J'ai donc dû accepter que je ne pourrai pas tout lire. Non seulement parce que matériellement je n'en avais pas le temps, mais aussi tout bêtement parce qu'un paquet d'info était déjà sorti des flux affichés. Bilan de l'opération : je pense ne pas avoir loupé grand chose... voir rien du tout !
Soyons mégalo, je vais m'auto-citer, mais j'avais rapidement expliqué le fond de ma pensée dans ma prose hebdomadaire, juste après mon retour (http://www.territorial.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/39381/TPL_CODE/TPL_ACTURES_FICHE/PAG_TITLE/D%E9connexion/302-actu.htm).
Bref, tout ça pour dire que je n'ai pas (plus ?) le temps d'être dans l'immédiateté, d'autant plus si le rapport information/bruit penche de plus en plus vers le bruit. Tu dis d'ailleurs que Twitter facilite ton activité de veille, mais que celle-ci se trouve désormais considérablement polluée par ces RT intempestifs.
Si j'en avais l'usage, je pense que je trouverais le temps nécessaire. Si par exemple je faisais de la veille concurrentielle, il ne ferait aucun doute que j'accorderais du temps à Twitter. Présentement, ce n'est pas le cas, donc je continue de penser que Twitter se passera de ma présence pendant encore un long moment !

Sinon je crois qu'on a tous des côtés ado attardé (il n'y a qu'à me voir refaire 15 fois de suite la même course à Mario Kart pour décrocher 2 étoiles pour s'en convaincre)... et qu'on est tous le vieux con ou la vieille conne de quelqu'un ; le tout c'est de le savoir ;-)
Pour les forum, pas besoin d'être jeune, je parlais d'un temps pas si lointain dans mon précédent comm, genre il y a 2-3 ans. Je me garderais bien de jouer les ancêtres des chatrooms sur mIRC à l'époque des modems RTC 36 Kb ;-)

Jean-Luc R. a dit…

Plus l'outil technologique est simple à prendre en main et à paramétrer, plus il est déconcertant.

A ce titre, Twitter est un de ces outils non prédéterminé qui ne vaut sans doute qu'en évacuant justement la question "What are you doing ?".

Beaucoup d'utilisateurs de Twitter ne répondent justement pas à cette question : ils en piratent/hackent l'utilisation et c'est du braconnage (au sens de Michel de Certeau).
En cela, Twitter me semble intéressant.

Le ReTweet est une utilisation parmi d'autres. J'apprécie beaucoup d'utilisations créatives de Twitter : poésie, art... Car cela existe si on fouille un peu ;-)

Bref, Twitter vaut parce que l'on en fait publiquement ou non, c'est un machin malléable incertain et improbable qui s'accomode en outre facilement des outils qui l'entourent, un écosystème difficile à saisir car très foisonnant.