lundi 24 septembre 2007

Que sont les punks devenus ?

Samedi par une belle après-midi ensoleillée (si si c'est possible ;-), je suis allée m'enfermer (vous remarquerez mon sens du sacrifice après l'été pourri qu'on vient d'avoir) pour assister à cette conférence sur le mouvement punk présenté par Christian Victor, un retour et un éclairage sur ce "dernier cri de révolte des babyboomers", un mouvement lié intrinsèquement par le même desespoir la même noirceur à l'underground de la Factory mais elle plus chic : Le pop art marchait à la cocaïne et le punk à l'héroïne.

Un rappel aussi : la Normandie est toute proche de l'angleterre et son influence n'est pas anodine, j'ai appris à l'occasion que le premier club de rugby était né dans la région ;-) Et non dans le Sud comme je l'ai toujours pensé.

Et puis il y a eu le concert : "L.A Wash" a joué quelques morceaux mythiques du punk : Stooges, Sex Pistol , Ramones et.... Plastic Bertrand ;-) Vous remarquerez dans le rond noir l'affichette habituelle dans les bibliothèques signalant que le telephone portable est interdit, car à l'origine de bruit pouvant déranger les usagers ;-))))))) rien n'empeche de continuer l'activité habituelle de la bibliothèque ! Pour ma part j'avais quand même des bouchons d'oreilles !

Une des bibliothécaires me faisait remarquer qu'en matière de rebelles la tenue pantacourt et tongs laissait à désirer, tssss ces bibliothécaires toujours à remarquer le détail qui tue ;-)

Ce fut un moment réellement magique, les gens présents interessés et interessants, l'occasion aussi de me replonger 30 ans en arrière...
De chercher dans ces visages oubliés, d'autres pour qui le "no futur" a été hélas une réalité consciente ou inconsciente, cette génération sacrifiée encore plus quand on habite dans une ville touchée de plein fouet par la crise des années 70.
Une ville qui a connu son essor au XIXe dans le textile "le célèbre drap d'Elbeuf" et pour qui, à partir de là, la descente aux enfers ne s'est plus arrêtée.
Une ville ouvrière aux ouvriers sacrifiés, le cocktail habituel : chômage, misère, alcoolisme, illetrisme, ici le no futur est une réalité. Contrairement aux villes du Nord ou la mine a vu la naissance d'une culture militante et syndicale, ici rien, les ouvriers ont continué à courber le dos à ne rien revendiquer, après le textile l'espoir de survie reposant sur l'embauche dans l'industrie automobile qui a pris la suite, je sais qu'Elbeuf n'a pas l'apanage de la misère, ce qui me chagrine, c'est l'absence de culture, même populaire, cette fatalité qui ne pousse qu'à survivre, à ne rien espérer d'autre, culture de la misère qui n'est pas issue de l'immigration, elle est là présente depuis des centaines d'années.

Etre née dans cette ville ne peut qu'être un handicap et le salut dans l'expatriation. Tout y est glauque même encore maintenant, quand il m'arrive de la traverser, à voir certains visages, j'ai le cafard. Et pourtant je ne m'en suis pas si éloignée que ça : je n'ai fait que changer de rive.

Vous allez penser que j'exagère, lisez donc le dernier Franz-Olivier Giesbert "l'américain" ou "voleur de poules" de Roger Knobelpiess autre elbeuvien célèbre.

Quand je fais le compte de ce que sont devenues mes camarades de primaire, celles dont je me souviens du moins : je ne sais pas combien ont atteint le bac, mais 2 ont faits de la prison, 1 overdose, et un certain nombre d'alcooliques édentées qui errent dans les rues sinistres, âmes perdues souvent proches de la folie... (Ambiance "Bye bye Blondie" de Virginie Despentes)

Le punk symbolisé par son désespoir poisseux oui je crois que je le comprends.
Et voilà je voulais faire un post sympa sur ce moment très joyeux et c'est raté ! P... de racines

2 commentaires:

Virginie a dit…

Ma pauvre Sophie, je crois que tu montres des preuves d'intelligence !
Je sais pas si c'est grave...

stephane180378 a dit…

On dirait la bibliothèque de Saint-Aubin, non ?!