mardi 19 février 2008

[Sans titre]

C'était le nom de la conférence à laquelle j'ai assistée.
Une conférence sur l'architecture, rien à voir avec les bibliothèques, certes, si ce n'est qu'elle était donnée par l'architecte qui a en charge la construction de la mediathèque de la ville pour laquelle je travaille. J'avais envie de voir et d'entendre cet homme considéré comme une pointure dans le domaine.
Ne l'ayant jamais vu, je l'ai deviné quand il est arrivé : il ressemble à son matériau de prédilection : le béton.
Grand, donnant l'impression d'un bloc sombre, une masse de teintes noire et grise, un regard noir, un teint sombre.
Mais ce bloc s'éclaire quand il commence à parler, il devient lumineux, comme le béton paradoxalement peut s'avérer lui aussi lumineux et translucide. Pendant 2 heures que je n'ai pas vues passer, cet homme a présenté son travail en ouvrant des perspectives inconnues pour ma part, mais incroyablement passionnantes.
C'est vrai que des fois les termes techniques m'échappaient quelque peu, les lois de la physique sont pour moi des notions plus qu'abstraites, mais j'ai quand même appris, par exemple, que selon la façon de couler le béton sa force de résistance n'était pas la même (note de la ménagère : un peu comme le gateau marbré en fonction de la manière dont vous le versez dans le moule les nervures auront un sens ;-)

J'étais loin de m'imaginer qu'on apprenait la rhétorique en faisant une école d'architecture. Cet homme sait parler, on se retrouve captivé, même si au début on se dit que c'est pas gagné avec son accent méridonial et ses p... des qu'il s'emporte, car en plus il arrive à s'emporter tout seul ! Son discours est comme son béton, un torrent souvent clair qui s'obscurcit quand les nuages annonciateurs de tempête s'y reflétent, tempête la plupart du temps résultante d'une lutte contre des esprits qu'il considère étriqués, Il nous en a d'ailleurs fait une brillante démonstration, en évoquant "le darwinisme linguistique" !

De son travail, que l'on n'imagine pas aussi complexe, il parle avec la passion d'un peintre, dont il commenterait un tableau en vous expliquant la matière, les couleurs, les ondulations mais aussi son histoire, son contexte, sa philosophie, avec un discours qui vous donne les moyens de réfléchir, de vous poser des questions, bref qui vous rend intelligent ou vous donnent l'impression de l'être.
Je me doute bien que le personnage par sa véhémence et ses propos peut provoquer des réactions épidermiques voire sismiques et j'ai les yeux et les oreilles du néophyte dans le domaine mais quand même il a un sacré p... d'argumentaire (allez j'ose : un argumentaire béton ;-)

Conclusion de la ménagère de moins de 50 ans : "Question maison" après ça, va me paraitre bien fade !

Conclusion de la *thécaire : Trouver le point d'impact et filer le fil qui conciliera le contenant et le contenu (j'aimerais pas être à la place de mon conservateur)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Les conservateurs ne sont-ils pas naturellement enclins à l'indulgence quand on leur parle par métaphores ??

Christophe