les pieds dans le plat

Fière de la confiance que me font certains lecteurs, j'ai voulu faire mon possible pour répondre précisément à une question que je pensais claire, mais qui se révèle au final bien complexe...
la question était : "est-il possible de récupérer des pochettes de CD pour enrichir les notices de
catalogues sans utiliser A*** ?" que j'ai un peu transformé en :
"est-il possible de récupérer des pochettes (covers en langage bibgeek ;-) de CD sans passer par un site commercial ?"

Pour les toujours non-initiés (et vraiment courageux) qui lisent ce blog, il s'agit de savoir si il est possible d'illustrer l'écran où vous faites vos recherches en bibliothèque par des visuels de CD (oui un peu comme chez certains grands libraires en ligne ;-)
Tout de suite je me suis trouvée confrontée à 2 problèmes majeurs

La technique et le droit
(comme d'habitude diront certains;-)

La technique : je vous livre la réponse du plus geek que je connaisse, Daniel Bourrion :
"...la récupération des vignettes et autres covers via une API, c'est toujours le même principe, soit :
  • le fournisseur (genre A***) met à disposition du contenu (les vignettes, les covers) et l'API pour les récupérer
  • le "client" (en l'occurrence c'est gratos) interroge la base du fournisseur via l'API (les API se trouvent sur les sites des fournisseurs)
  • et pousse les éléments récupérés (genre vignette) là où il veut (typiquement son OPAC)
En détail, cela veut dire qu'un script repère un ISBN il va chez A*** (ou ailleurs si le site choisi propose une API). Si le script repère un ISMN il peut aller chez A*** (car il ne faut pas oublier que A*** reste le site le plus exhaustif) mais aussi aller sur un des sites, énumérés ci-dessous, éventuellement la recherche peut même se faire par mot-clé mais cela génère du "bruit"
Quelques sites de covers qui proposent un webservice (avec API) : All CD covers.com, Library thing, et Free covers.com..."
Si le script ne trouve aucune réponse il affiche une image standard de la bibliothèque (voir chez "De tout sur rien" pour envisager autre chose ;-)

Le droit :

Et là les choses se compliquent sérieusement, on retombe dans cette zone de flou ou la musique en bibliothèque erre depuis 50 ans, si l'on n'est pas juriste (et anglophone ;-) on ne comprend rien, ce qui est le cas de la majorité d'entre nous (non pas de ne rien comprendre mais de ne pas être juriste ;-)
Et donc, chacun interprète ou non et en toute bonne foi.
A mes questions j'ai donc obtenu comme réponses :
Question : "A*** en échange d'une utilisation de son service demande une citation ?"
Réponse : "Oui mais qu'en est-il de la légitimité de cette citation puisqu'A***n'a qu'un rôle de distribution...?" La question est donc posée, A*** ne s'arroge-t-il pas des prérogatives qu'aucun éditeur ou label ne lui contestera, ne sont-ce pas les leaders du marché qui imposent leur loi ? Question :"Une autre solution (légitime) pourrait être apportée par certains services incontournables que l'on paie déjà très très cher ?"
Réponse : "Il y a déjà tellement d'endroit ou l'on peut trouver des covers gratuitement, que des boîtes qui se lanceraient la-dedans se tireraient une balle dans le pied" (petite question perfide de ma part : Sauf si ils sont assurer d'avoir des clients captifs comme les bibliothèques ? ;-)
Question : "On peut très bien imaginer que du jour au lendemain A*** décide d'arrêter ce webservice ou de le faire payer ?"
Réponse : "Oui, d'ou l'intérêt de chercher des solutions alternatives : "il nous manque un service public des données enrichies .... La Bnf ?"

conclusion : Pour la technique vous faites comme vous pouvez, pour le cadre juridique vous faites comme vous voulez... Ou utiliser la technique de plus en plus fréquente du " On teste, on verra et si on nous dit quelque chose on arrêtera le webservice !"

Et réponse à la question posée : oui vous pouvez utiliser un autre webservice que celui d'A***

Commentaires

detoutsurrien a dit…
Je ne suis pas un geek non plus qu'un cyborg, je suis un homme libre
letitidu35 a dit…
Bonjour,
Sauf erreur de ma part, Archimed utilise la base Amazon pour pour importer ses visuels sans qu'il y ait pour autant de mention commerciale dans les notices. Le logiciel gratuit de retataggage manuel "The GodFather" (http://www.clubic.com/article-29609-7-reorganiser-sa-bibliotheque-audio.html) également. Pour ma part, j'ai le sentiment que si l'accès à Amazon devenait payant, ou contraint, l'histoire de Freedb (http://fr.wikipedia.org/wiki/Freedb) pourrait se répéter.
Bonne journée.
Etienne
Anonyme a dit…
Bonjour,

J'ajoute ma petite contribution par rapport au commentaire de letitidu35. Depuis peu, Archimed fait apparaître le copyright d'Amazon sous les vignettes récupérées..
Bonne journée !
Aurélie a dit…
Remarque perfide sur l'aspect juridique, histoire de dire que tout n'est pas si simple mais finalement assez bien balisé (pour l'aspect technique, je fais confiance à l'homme libre ;-). Il me semble que le CPI est très clair là-dessus : la pochette d'un disque - tout comme la couv d'un livre - est autant protégée par le droit d'auteur que la musique qu'on trouve à l'intérieur. Sont en particulier concernés l'éditeur (la maison de disque) et le(s) créateurs(s) à l'origine de la pochette (graphiste, photographe, peintre et tutti quanti).
La bib souhaitant mettre en ligne ces visuels doit s'assurer qu'elle a le droit de le faire, ce qui l'oblige de fait à passer par un intermédiaire ayant théoriquement préalablement négocié ce droit avec l'éditeur. Intermédiaire de type A***, dont je n'ai toutefois même pas lu les CGU, mais vu la taille de la boîte, je pense qu'ils sont blindés question droits (quoique parfois, on a des surprises, cf Google Books...). En tout cas, inutile d'espérer être dans les clous si la bib numérise elle même ses pochettes sans autorisation des ayants droit. Car àmha, le CFC n'est pas habilité à percevoir et redistribuer les droits afférents aux pochettes de disques, car ce serait bien trop complexe à gérer. On le voit bien au niveau des panorama de presse par exemple : dans la majorité des cas, les photos et infographies sont exclues des droits de reproduction numérique payés au CFC.

Je me relis et je ne suis pas sûre d'avoir été très claire sur la problématique droit d'auteur. Nous mettrons cela sur le compte d'une journée éprouvante :goutte:
Sophie a dit…
@Aurélie : dans ce cas, existe-t-il un autre organisme qui gère ces droits de reproduction numérique ?
Sophie a dit…
j'ai eu une idée : (on ne se moque pas merci ;-) ne pourrait-on pas demander à nos fournisseurs de CD qui nous livrent déjà les notices de négocier et de nous fournir avec ces notices les visuels en général déjà visibles sur leur site ?
letitidu35 a dit…
Juste un truc Sophie... Nos fournisseurs, tout au moins la majorité, n'hébergent pas les visuels, n'en sont pas les "créateurs", tout comme nous ne les hébergerions pas, mais ferions juste un lien, tout comme on intègre un player (Deezer par exemple)par un lien. C'est totalement différent. Que je sache Amazon n'interdit pas cette "citation" voire la facilite. Le gros inconvénient est de dépendre d'une base privée qui peut soit couper ce service, soit le rendre payant. D'où l'intérêt des bases open (et je reprends l'exemple de Freedb). Le 2èmes inconvénient (quoique c'est à voir selon la vision de chacun)serait qu'un clic sur la vignette de l'Opac ouvre le site marchand (mais si ça peut aider à maintenir le marché du disque ?? mais c'est autre chose lol).
Bonne journée
eric1871 a dit…
a priori dans cette matière, comme dans tout ce qui concerne le droit d'auteur, la reproduction est interdite.
La "citation" est tolérée... jusqu'à ce qu'elle ne le soit plus...
Mon avis est que si ça se généralise, ce qui est en train d'arriver, à un moment donné faudra payer.
Anonyme a dit…
Idem Letitidu35: on fait des liens, n'utilisant ainsi que notre droit de citation. Et l'ouverture vers un site marchand plait plutôt aux lecteurs!
Pour les fournisseurs de CD, j'ai demandé à CD Mail, avec lequel on est en marché, ils refusent, sous le prestexte qu'ils seraient obligés de négocier des droits etc..Ceci dit je me demande dans quelle mesure il ne nous serait pas possible d'intégrer prochainement cette possibilité dans nos marchés, comme la fourniture de notices. Je suis sûr qu'une fois mis en concurrence la-dessus il y en a bien un qui passerait le gué...

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