mercredi 6 juillet 2011

va te faire enc...

"Va te faire encoder" C'est l'insulte à la mode chez les bibliothécaires en ce moment et à laquelle je n'ai pas pu résister en titre de ce billet, oui par provocation bien sur pour voir si ceux qui citent ce billet oseront reprendre le titre ;-)


Préambule :
Je dédie ce billet à mes compagnons de galère, avec lesquels, et avec force Magnum, Fondants au chocolat, confitures maison, quiches,... Nous avons réussi à surmonter cette difficile étape.
Je le dédie aussi à ceux qui sont passés par là ou qui y passeront....
Précautions : oui ce billet est garanti avec persécutions et tests ignobles sur de pauvres Raymondes innocentes et sans défenses (En ce moment j'évite un peu les tortures sur les chatons ;-).
Là, vous etes en train de vous dire mais qu'est-ce qu'elle raconte ?

Oui, je vais vous raconter un nouveau marronnier et donc un nouvel épisode de la série estivale :

Et bien 
cette année 
nous "encodons" ! 


De quoi s'agit-il ?

Il s'agit d'une opération technique consistant à équiper TOUS les documents d'une Puce RFID, et, comme contrairement à la légende, nous n'avons pas de petits rats lutins qui font le boulot à notre place pendant que nous lisons,
Il nous faut donc aller chercher les livres sur les étagères, les mettre sur des chariots, leur coller une puce RFID, puis les "encoder" un à un sur une platine spéciale, les remettre sur le chariot pour retourner les ranger sur les étagères. Ce qui veut dire que contrairement à l'année dernière nous allons, non pas porter 5.5 tonnes, mais la totalité des documents de la bibliothèque soit environ 45 000 ! (je vous rappelle que le poids moyen d'un livre est de 500g).
Une des premières conséquences de ce chantier d'été est que les collègues regrettent certains achats : attendez-vous dans les années à venir à ne plus trouver dans les bibliothèques que des livres ne pesant pas plus de 200g ! (oui je plaisante !... Mais quand même maintenant on déteste le rayon des 700 !(NDeLaDLH pour les non-inités : le rayon des livres d'art ;-))
Je vous passe le montage/démontage et aménagement d'étagères et de banques d'accueil rendus nécessaires pour installer les automates de prêt, le tout accompagné par les bruits de perceuses, de marteau des électriciens qui installent le câblage ...

Mais tout ça c'est pour la bonne cause pour que nos lecteurs fassent le boulot à notre place puissent bénéficier des dernières technologies à la pointe et trouvent des bibliothécaires en pleine forme libérés et ...enfin disponibles !  


En attendant pendant 6 longues semaines si il vous arrive de penser à nous, 
vous pouvez chanter ce refrain :
je porte, je colle, j'encode, bip,
je porte, je colle, j'encode, bip,
je porte, je colle, j'encode, bip 
...

Et pour Raymonde ?
La suite chez bibliopathe 
(que je remercie beaucoup pour les dessins
et le prêt de la Raymonde ;-)

(Si vous voulez en savoir un  peu plus sur : "la RFID en bibliothèque") 

8 commentaires:

Nathalie a dit…

Bon courage en tout cas pour l'enc..age :D et pour la suite car ce n'est peut etre que le début des galères ;)

Laure a dit…

Haha oui, on l'a fait nous aussi y'a deux mois :D joie bonheur et quand ça marche pas, GRRRRRRRRR :D
Bon courage!!

Titibrizh35 a dit…

Je suis partagé là dessus. Nous avons "double encodés" plus de 80.000 docs en un temps record (suite à changement de marché et donc de fournisseur et donc 1 bit 0 pas reconnu, bref). Oui, c'est pénible à la base. MAIS : nous avons eu une panne de réseau cet hiver qui nous a contraint à refaire du prêt "à la douchette". Résultat des courses files d'attente etc... Et, me semble-il, plus grande insatisfaction du public. Notre constat est que les automates ne font pas réellement gagner de "temps/homme (ou femme) :)" mais gagnent en rapidité de traitement à personnel d'accueil égal avec une plus grande disponibilité car il n'y a que ces foutus textes lus à 10 CD qui ne veulent pas passer alors qu'ils passaient très bien dans le bureau.
OK, mettons 10 problèmes sur 20.000 par mois. Pour moi c'est anecdotique.
Par contre, et je suis en plein dedans, le fantasme du récolement sans toucher les livres (ou autres docs) est encore un fantasme. Si on veut des fichiers de manquants à peu près corrects, la bonne vieille méthode du vidage d'étagère est de rigueur... (C'est bon pour la forme Sophie lol) avec comptage.
Globalement, le retour des usagers (tous âges confondus)est très positif.L'automate n'est pas un obstacle, par contre son paramétrage est important. Ainsi plutôt que d'afficher "Emprunt impossible veuillez vous adresser à la banque de prêt", il vaut mieux cibler en cas de dépassement de quotas, par exemple.
Pour terminer, je dirai que les automates laissent plus de place à la médiation (on n'est pas rivés sur les douchettes) et au dialogue en permettant une plus grande fluidité avec un personnel équivalent. Mais il est vrai qu'à la base à mettre en place c'est très c***** c***** pénible on va dire. - Etienne

AureliB a dit…

Je peux faire mon emm... ?
Je trouve dommage que vous (au sens l'institution, pas toi en particulier, hein) n'ayez pas communiqué là-dessus. Car à part ceux que ça intéresse et qui viennent ici, ou posent la question à la banque de prêt avant fermeture, personne ne sait pourquoi vous êtes fermés 6 semaines. De là à ce que plein de gens pensent que ces privilégiés de fonctionnaires ont 1 mois 1/2 de vacances l'été, il n'y a qu'un pas... Alors qu'en fait, vous bossez et c'est pour simplifier la vie des lecteurs (en principe) que la rfid est mise en place mais nécessite une fermeture. Gain de temps, gain d'argent, le contribuable est tout content !

A ce soir aux Terrasses (s'il ne flotte pas...)

e_ther a dit…

Bonjour,

Moi ce que je trouve dommage, c'est de voir le nombre croissant de médiathèques qui "passent à la RFID" sans que les bibliothécaires réagissent aux implications éthiques, technologiques ou sociétales de ce système.

Sans entrer trop avant dans un très vaste débat, qui englobe aussi bien les nanotechnologies que les délires transhumanistes, je me pose souvent la question des raisons de cette sidération.

Plus souvent qu'à leur tour les bibliothécaires ont su monter au créneau et réagir, informer, prévenir, face à certaines dérives, mais il semble que les TIC annulent leurs capacités de réflexion et leur libre pensée(pourtant le public n'attend pas d'un bibliothécaire, fut-il hybride, qu'il soit un geek... il veut juste les bonnes réponses à ses questions, les bonnes sources pour ses recherches, le bon roman pour son bon plaisir, le film qui correspond à son humeur ou son envie du moment, la musique qu'il souhaite écouter - et tout ça quel qu'en soit le support du moment qu'il est lisible et adapté à son matériel et ses pratiques) .

Il suffit pourtant de se pencher un peu sur le sujet (et je ne doute pas que tous sachent construire les requêtes vicieuses nécessaires au retour d'une info pertinente) pour cerner le problème.
Et voir que sous les arguments liés à la médiation, au gain de temps, au service, etc. se cache surtout une belle entreprise de désinformation et de familiarisation de la population avec la présence systématique de ce type de d'outils de traçage.

Que la RFID soit pratique, pourquoi pas, qu'elle remplisse en médiathèque toutes les fonctions pour lesquelles on la vante, j'en doute.
Que l'enjeu de sa présence en bibliothèque publique vaille ce profil bas face aux visées industrielles et politiques qui sous-tendent son développement, là vraiment, je pense qu'il y a une grave erreur de jugement.

Anonyme a dit…

Une simple remarque pragmatique. La RFID en bibliothèque n'est rien d'autre qu'un encodage. Les puces contiennent le code barre du document et le RCCN, pas besoin de plus. Que la lecture du code se fasse via une douchette ou via une platine n'est qu'un changement de medium pour un résultat identique (mise en rapport de 2 fichiers, et affectation d'un document X sur la fiche Y). Je constate simplement que via les automates on passe plus de temps en médiation ce qui n'est pas négligeable. C'est très pénible à mettre en place, mais il y a de réels avantages après, et, à mon sens, un rapprochement avec le public au moment crucial du prêt (ou du retour)et ce n'est pas négligeable.

Titibreizh35 a dit…

Oups pardon, j'ai zappé le nom

Anonyme a dit…

je ne veux pas faire mon canu, mais vous scier gentillement la branche sur laquelle est assise votre profession mais vous le faites ds le sourire donc il n'y a pas de soucis youpi.