Chronique d'une mort annoncée

J'ai du mal à y croire : l'annonce de la fermeture d'une discothèque !
(je vous renvoie sur disco-fr pour lire le mail de Denis Cauderlier (je n'arrive pas à mettre un lien sur le texte ;-()

Prendre le maquis !
revient souvent dans les échanges entre -thécaires ces derniers temps
et il y a de quoi !
Mais avant d'entrer dans la clandestinité, souvenons-nous que la musique a tout toujours eu du mal à trouver sa place et sa légitimité (Là c'est le dinosaure qui parle de l'époque ou on écoutait les vinyls sur des chaînes hi-fi, ;-) Gilles Pierret évoque cette légitimité dans un article très interessant,
car Il nous a, souvent, fallu, commencer par défendre la musique au sein même de nos propres établissements et maintenant, après avoir investi l'ABF (Coucou Pascal W.;-), après l'arrivée de nouveaux conservateurs anciens discothécaires(Coucou Xavier G.;-) c'est parfois encore loin d'être acquis.

Je crois que si nous avons de nouveaux combats à livrer, avec la dématérialisation, il ne faut pas oublier ce combat pour la légitimité de la musique, et que pour durer,(oui je continue à espérer !) il nous faut savoir nous rendre indispensables, être omniprésents, établir de nouveaux partenariats, investir les associations... (cf "De l'usage des médiathèques pour les musiques actuelles").... Et aussi "si on ouvrait plus ?"

Et puis, avant d'organiser la résistance, il est peut être temps de porter nos idées-hauts (oui le jeu de mots est nul ;-) sur de nouveaux fronts, en s'intéressant aux mandats locaux,
autrefois c'était l'instituteur et le curé, maintenant ça pourrait être
"l'arbre, le maire et le médiathècaire";-) ?
Comme cela avait été évoqué sur disco-fr, en s'impliquant dans la vie de nos cités, être porteur d'un mandat électif, peut permettre de discuter d'égal à égal avec des élus et de leur expliquer tout simplement le pourquoi du comment, ce que souvent ils ignorent, tout simplement, et faute de quoi prennent les mauvaises décisions (oui je suis désespérement naïve),
mais les -thécaires ont parfois un langage abscon qui peut être déroutant pour tout non-initié
(cf BBF "le bibliothécais sans peine" de M-A Murail))
Je sais que ces propos, qui n'engagent que moi, relèvent de l'utopie, et n'aideront pas à résoudre des cas d'urgence, mais juste pour rappeler que nous sommes en permanence sur la sellette et que rien n'est jamais acquis, qu'il nous faut sans cesse, dire, expliquer, défendre, convaincre inlassablement et toujours toujours recommencer....
(J'ai pourtant pas mis de confiture ce matin sur mes tartines pour être aussi virulente ;-)

Voilà les pensées vagabondes et désordonnées qu'a fait naître le calme inhabituel d'une bibliothèque vidée de ses usagers pour cause de soldes...
Pourvu que la jolie robe que j'ai vue soit encore là !

Commentaires

Bonjour,
Pour le lien vers le message de notre collègue ayant exercé à Fontainebleau : http://listes.ircam.fr/wws/arc/discothecaires_fr/2007-06/msg00122.html (à ouvrir avec Mozilla Firefox, ça fonctionne mal avec IE 6).
Sur le fond de l'article, je souscris au mot de "résistance", sachant que le cas de Fontainebleau est représentatif d'un état d'esprit actuellement partagé par beaucoup de décideurs et d'élus, quelque soit leur couleur politique. J'ai en mémoire le discours d'ouverture de la journée d'étude organisée en décembre 2006 à Montceau-les-mines, où le député-maire de la ville annonçait la mort du CD sans l'ombre d'un regret. J'ai également entendu parler, sans en avoir confirmation qu'une grande ville du Nord de la France allait ouvrir une nouvelle médiathèque sans collections de disques compacts. Comme tu le dis, une réaction de notre part (notamment dans le cadre de l'ACIM) ne doit pas trop attendre.
J'avais déja envoyé un message dans ce sens en février : http://listes.ircam.fr/wws/arc/discothecaires_fr/2007-02/msg00116.html
(toujours avec Firefox)
Il faut envisager de rédiger un appel clair pour la défense du disque (comment document physique) en bibliothèque et alerter les partenaires et les institutions (DRAC, DLL...).
Le cd n'est pas mort, il bouge encore, car on l'emprunte !
Tout ça me donne l'idée de faire le point précis des stats 2006 concernant nos prêts de CD, j'ai le sentiment à confirmer qu'elles sont très correctes. Pour de prochains commentaires sur la liste discothecaires...
NB
Thibaud a dit…
S'impliquer dans les décisions en prenant un mandat électif serait effectivement une bonne solution si le fait d'être employé municipal n'était pas un cas d'inéligibilité pour un mandat dans la ville où on travaille... car chez nous aussi il a fallu combattre pour imposer l'idée d'une discothèque physique je concluerais donc avec un vibrant "No pasaran" !!!
Thibaud
Bibliothèque de Montceau-Les-Mines
Sophie a dit…
Oui c'est vrai, et pour discuter d'égal à égal avec un élu on ne peut pas travailler en même temps pour lui et on est tenus, de toutes façons à notre devoir de réserve, je pensais à un cas fréquent : celui de résider dans une commune différente de celle ou on travaille et je me disais que s'il devait plâner la moindre menace sur la bibliothèque de la commune ou j'habite
je mènerais volontiers bataille pour elle, faute de pouvoir le faire pour celle pour laquelle je travaille ...
Bon courage !
en ces temps de Flower power
je dirais :
"Sous les pavés la plage"
:-)

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