samedi 31 mai 2008

Internet m'a tuée

le sujet de la dissertation du concours de bibliothécaire externe 2008 :
Ta dam :
"Il me paraît dangereux en terme de défense de la diversité culturelle que de vouloir abandonner la musique en bibliothèque sous prétexte qu'internet l'a tuée."

Et de qui elle est cette citation?
De Xavier Galaup, l'ancien modérateur de discothécaires pendant 7 ans, tête de série du groupe de travail des bibliothèques hybrides dont vous allez bientôt entendre parler...

On fête ça à Reims : l'entrée de la musique dans les sujets de concours ?
A signaler aussi l'arrivée des blogs dans les notes de synthèse avec des billets du bibliobsédé et de Kotkot !

Ah oui j'oubliais le sujet de l'étude de cas de bibliothécaire interne :

"A partir des éléments d'information qui vous sont donnés, vous donnerez un argumentaire à vos élus pour la gratuité des services de vos bibliothèques"

Et ce sujet, il est en partie ;-)


vendredi 30 mai 2008

Les torchons et les serviettes

J'adore l'Angleterre et ses paradoxes !

Ils ont peut être les Idea stores (les torchons ?) mais ils ont aussi la British Library (la serviette ?).




Et la lecture de cet article pourra surprendre :

[... Les jeunes étudiants ne se tiennent pas, ils gloussent, traînent les sièges, flirtent, boivent des capucinos en se croyant dans une sorte de cafèt'. Et « le pire c'est que maintenant ils répondent au téléphone », »...] (ah la la ! ces jeunes y respectent pu rien ;-)

Ca me fait penser à un architecte qui, sur un projet de médiathèque, avait dit avec emphase :" A la bibliothèque il faut un endroit pour lire, un autre pour fumer, un autre pour b... !"

Mais il y a autre chose qui m'avait déjà interpellée au cours d'un stage dans une bibliothèque anglaise : "il confirme que le directeur de la bibliothèque reçoit des primes de performance en fonction du nombre de visiteurs"...

Et chez nous ? Je n'ose imaginer le tollé que cela provoquerait...

jeudi 29 mai 2008

sur un coin du zinc

Depuis quelques temps ont lieu des échanges passionnés sur mon blog, loin de m'en offusquer je m'en réjouis,au contraire, même si il est vrai que parfois ces échanges me font penser à ceux que l'on peut avoir sur le zinc du café du commerce ;-)

Mais je me pose la question car si on n'est pas abonné aux fils RSS des commentaires (quand il y en a, et avec le risque de saturer son agrégateur), on n'a aucune connaissance des débats en cours.
Il m'arrive de revenir quelques mois après sur un billet dans un blog et de m'apercevoir que des 2 commentaires d'origine on est arrivés à 37 voire plus.

Souvent les commentaires sont intéressants et pertinents, même si les propos tenus par certains collègues me heurtent (à ce sujet si quelqu'un sait ce que siginifie un "golio"), comme c'est le cas en ce moment chez Nescio "les yeux ouverts, carnets d'un bibliothécaire de campagne" il a fait un billet sur les dons en bibliothèque et il s'en est suivi un débat réellement passionnant sur les pratiques de chacun.
Des pratiques européennes, ou celles de nos amis belges ne sont pas les moins intéressantes :
"si vous entrez un livre de plus de 3 ans dans votre base de données, vous ne pouvez en tenir compte dans le chiffre d'accroissement annuel..."

Je trouve dommage que ces débats ne soient pas plus "médiatisés", car même si je persiste à penser que les blogs ne sont pas les meilleurs lieux pour débattre, c'est là, aujourd'hui, que les choses se disent et se passent...

dimanche 25 mai 2008

le fric c'est chic

catégorie : j'aime pas


Pour ceux qui comme moi n'aurait ou ne voudrait pas comprendre que la musique c'est du business avant tout, le dernier exemple fatal :

en plus je la trouve même pas fashion !

[... La Société Générale et Universal Music France annoncent le lancement de So Music, première carte bancaire co-brandée* qui réunit la banque et la musique et incluant une offre de téléchargement illimité et divers autres offres commerciales :

- du téléchargement de musique illimité sur tout le catalogue Universal Music,
- de l’écoute de musique,
- une Web TV dédiée et exclusive centrée autours de la musique (clips, news, reportages, concerts…),
- des réductions sur les CDs, mais aussi sur tous les produits dérivés d’artistes (T-shirts, sonneries de portables, logos…),
- des places offertes pour les concerts Universal Music,
- des concerts exclusifs et réservés aux porteurs de la carte,
- des jeux concours,
- un outil de dialogue en Visio,
- un service de coaching artistique (?)
- des conseils sur les métiers de la musique (?)
- Un accès simplifié aux offres de stage et d’emploi chez Universal Music et ses partenaires...]

- Un abonnement à la bibliothèque (mais naaan je rigole ;-)
Eventuellement on peut aussi s'inquiéter de l'association d'une carte de paiement avec des données confidentielles à ce genre de services purement commerciaux...

Enfin j'y vois quand même un gros avantage : maintenant vous devrez avoir votre CB en permanence à côté de votre PC, ce qui fait que vous oublierez de la remettre dans votre sac et vous vous trouverez le bec dans l'eau quand vous voudrez acheter le trop joli sac à main qui irait si bien avec votre nouvelle paire de chaussures !
Résultat : des économies !


* je devais dormir pendant certains cours d'éco, je suis donc allée vérifier la signification de co-brandé :
" Association de deux ou plusieurs marques pour le développement, la commercialisation et/ou la communication d'un produit /service ou d'une gamme de produits. La réunion des deux marques peut se faire sous la forme d'une création d'un produit co-brandé mélangeant deux produits à l'origine distincts ou d'une publicité associant deux marques. "


jeudi 22 mai 2008

mais non...

... Les internautes ne sont pas des autistes !

Notre réseau social est-il cognitivement limité ? un article d'Hubert Guillaud :


[... C’est ce que pensait l’anthropologue britannique Robin Dunbar lorsque, dans L’hypothèse du cerveau social (.pdf) il évaluait à 150 la limite cognitive du nombre de personnes avec lesquels un individu peut entretenir des relations stables. Or, selon le fondateur de Facebook que cite le blog du New Scientist, notre nombre d’amis sur ce site social tourne en moyenne entre 125 et 130 personnes (bon en fait je dois être associale ;-)

[... Reste à savoir si les sites sociaux repoussent cette limite ou ne font que la refléter ? Avec combien de personnes sommes-nous capables d’entretenir des relations actives ?

“Quand nous décidons d’accorder notre confiance ou pas à quelqu’un, d’en faire notre ami, nous avons besoin de lire le langage du corps et de nous intéresser à tous les signes non verbaux. Pourquoi cette confiance est-elle importante ? Parce que, inconsciemment, nous jugeons souvent notre investissement par sa réciproque potentielle. Si nous payons une bière à quelqu’un, nous voulons être sûrs qu’à un certain point, il nous payera une bière. C’est l’essence de la confiance”, explique Gord Hotchkiss. Le professeur Will Reader de l’université de Sheffield n’a-t-il pas d’ailleurs remarqué que 90 % des “amis Facebook” que nous considérons comme “proches” sont des gens que nous avons un jour physiquement rencontrés.
Mais le vrai intérêt pourrait être ailleurs. Pour Gord Hotchkiss, le plus intéressant dans les sites sociaux, est qu’ils permettent de prendre contact avec des connaissances de connaissances. Et c’est peut-être en cela qu’il nous aidera le plus à changer nos relations sociales. Notre graphe social en soit n’est pas intéressant (car limité), mais c’est accolé à ceux des autres qu’il révèle son potentiel. ..]

mercredi 21 mai 2008

peer en peer

Extrait d'une conversation avec ma mère :
"Tu pourrais passer à la maison, on a un DVD qu'on arrive pas à regarder ?"

Moi :

"Comment ça tu n'arrives pas à lire un DVD, c'est quoi ton DVD ?"

Elle :

"C'est un DVD que des amis nous ont donné"

Moi, suspicieuse :

"le titre du film ?"

Elle, mal à l'aise :

"je ne me souviens plus, tu sais c'est le film qui se passe dans le Nord..."

Vu son âge plus que respectable et celui de ses amis, je cherche dans le cinéma d'avant guerre...
Elle :

"Mais oui le film avec Dany Boon"


Les bras m'en tombent !


"Nonnnnnnn, ce n'est pas Bienvenue chez les ch'tis ?"



Elle :

"Oui c'est ça ! Mais on arrive pas à le regarder !"


Trahie par ma propre mère !


Ca signifie aussi qu'il existerait un circuit parallèle chez les retraités se refilant des DivX piratés ?


Dans quel monde je vis : ma mère est une délinquante !



mardi 20 mai 2008

le chat est mort

Ce soir je suis triste : mon chat est mort.
Nous avons du nous résoudre au pire et la faire euthanasier pour ne plus qu'elle souffre.

Je sais bien ce n'était qu'un chat
que je n'avais même pas choisi, c'est elle qui nous avait adopté. elle est arrivée avant les enfants, elle me tenait compagnie depuis 14 ans.

Elle avait fui les enfants touts petits mais était devenu leur compagne de jeu préférée quand ils avaient eu l'âge de penser à autre chose que de lui tirer la queue.

Le courage m'a manqué, je ne l'ai pas accompagnée chez le vétérinaire sachant que j'aurais du mal à contrôler mon émotion.
Et voilà c'est fini
la maison est bien vide ce soir
...
PS : l'euthanasie est un luxe même chez les animaux 105 € ! Et le vétérinaire nous a demandé si on souhaitait récupérer les cendres !

Une naissance, un livre

Coïncidence, après un billet sur "un moment de vie" ;-)

Et une fois de plus ce sont les bibliothèques de l'autre côté de l'océan qui sont à l'honneur avec une opération originale : "une naissance, un livre"


[... Offrez à votre bébé un cadeau des plus précieux : le goût des livres et de la lecture !


Pour les tout-petits, la lecture est un moment magique, habité par une voix rassurante qui raconte des histoires merveilleuses et ouvre la porte de l’imaginaire…


Dès sa naissance, offrez à votre enfant un abonnement à sa bibliothèque.


Un cadeau qui embellira toute sa vie !...]


Et voilà ! C'est aussi simple que ça...


lundi 19 mai 2008

En passant

Un nouveau site "bookrabbit" chroniqué par Hubert Guillaud que je trouve absolument génial, si ce n'était pas autant le bazar dans mes livres j'aurais déjà fait le test :

Le principe prendre en photos sa bibliothèque et mettre ensuite un lien vers chaque document (l'exemple)




Ca pourrait ressembler à la bibliothèque virtuelle de Yann Sérandour déjà evoquée ici, si ce n'est que dans le cadre de bookrabbit on ne peut pas lire les documents, mais peu importe la fonction est différente et l'idée tout simplement excellente !

dimanche 18 mai 2008

Catégorie : un samedi presque normal...

Moment de bonheur ou moment gênant ? Mais en tout cas grand moment de vie :

Une ménagère de moins de 50 ans arrive pour emprunter ses livres avec un nouveau-né braillant dans sa poussette, pas de chance, beaucoup de livres et quelques complications au moment du prêt, je voyais le regard peu aimable des autres usagers, dérangés par les hurlements de la progéniture.

Et brusquement, silence ! ne connaissant qu'une méthode pour faire taire un nouveau-né, je relève la tête pour constater : oui elle l'a fait ! elle a bien collé son bébé contre son sein dénudé, laissant les autres usagers stupéfaits ! Et moi admirative !
de pouvoir allaiter son bébé tout en récupérant sa carte pour la ranger dans son portefeuille et en prenant son paquet de livres pour les mettre sous la poussette, tout ça d'une main !
(Essayer donc déjà en mettant une main dans le dos de faire cette manoeuvre !)


On reste quand même des bibliothécaires : un peu plus tard : je pose la question à mon collègue masculin qui était au prêt à ce moment si il ne s'est pas trouvé gêné, sa réponse : " ah bon elle a fait ça ? bin j'ai rien vu !"
Elle est pas belle la vie ?

samedi 17 mai 2008

Que du bonheur...

... Si vous aimez le rock ;-)

Un site repéré par Presse-citron, qui comme il l'écrit est un vrai bonheur :

[... Autant vous le dire tout de suite, ce site est certainement l'un des meilleurs qu'il m'ait été donné de découvrir ces derniers temps dans le domaine pourtant fort encombré du web musical. Et peut-être même l'un des meilleurs tout court, si tant est que l'on aime chiner parmi les trésors que constituaient les grandes performances live des seventies.


Concert Vault est un site qui regroupe une collection impressionnante de concerts enregistrés dans les lieux les plus mythiques de la planète par des artistes légendaires du rock au cours des 30 dernières années, avec même quelques excursions dans les années soixante....]
[... Son catalogue rien moins que Aretha Franklin, The Band, BB King, Grosby Stills Nash & Young, Bruce Springsteen, Creedence Clearwater Revival, et d'autres monstres sacrés du rock, du blues et de la soul US...]

La liste des fonctionnalités proposées représente un mix parfait entre variété et sobriété, avec au programme, entre autres la possibilité de surfer et de retrouver les concerts par date, par artiste, par catalogue de producteur, et des choix d'interviews...

Quand vous sélectionnez un concert, celui-ci s'ouvre aussi dans un player séparé indiquant précisément la date et lieu du concert (salle, ville, pays) qui vous permet de poursuivre votre exploration sans coupure. (si tout le monde pouvait y penser ! )

Les auteurs du site n'entendent pas se limiter aux années 70 puisqu'ils ont déjà élargi dernièrement leur catalogue à des collections de concerts récents (Andrew Bird, Alela Diane).






jeudi 15 mai 2008

on continue à marcher sur la tête

Quelques nouvelles du marché de la musique :
Youtube ne retire plus toutes les vidéos illégales mises en ligne, par contre il retire la possibilité de les mettre sur un blog !
Deezer signe avec Universal pour permettre l'écoute de son catalogue, et laisse la possibilité de la mettre sur un blog !
Mais peut être étaient-ils portés par l'enthousiasme de l'annonce d'un très bon premier trimestre"
Cependant "la prudence reste de mise" (bin voyons ;-), surtout quand le marché du numérique ne se révèle pas si lucratif et accuse une baisse qui ne compense pas la chute du marché du disque.

Et ce que je trouve très interessant dans tout ça :
c'est que le marché du disque ne chute pas aussi vite que prévu et que le numérique stagne déjà !
Mais pas de faux espoir, on a quand même le sentiment que les dés en plus d'être jetés sont aussi pipés : comment peut-on imprimer un jeu en tenant compte d'une loi qui n'est pas encore passée, sont devins ou ils savent des choses que nous ignorons ?

mercredi 14 mai 2008

Biblioblogades

Ca y est c'est officiel les prochaines biblioblogades sont annoncées :

elles se dérouleront pendant le congrès de l'ABF à Reims

on ne connait pas le jour, l'heure,

on ne sait pas sous quelle forme non plus

soirée, pique-nique, déjeuner, goûter, apéro, petit-déjeuner, before, after, soirée disco (heu ! là ça m'étonnerait ;-)

c'est open !

Ce que l'on sait : ce sera que du plaisir !

mardi 13 mai 2008

J'hésite...

... Entre me (re)mettre à l'anglais ou au Hollandais ;-)
L'anglais (même si Vagabondages est là pour traduire ;-) à cause des 25 outils de réseaux sociaux à destination des bibliothécaires : [... En tant que bibliothécaire, vous aurez besoin de partager de l'information avec vos usagers et vos étudiants de la façon la plus simple possible, ce que les réseaux sociaux proposent justement. Avec des outils de réseaux sociaux, vous pouvez mettre en place des collections de signets, partager des notices, et bien plus. Nous en avons listé ci-après 25 des meilleurs...]
Le Hollandais (toujours chez Vagabondages) non seulement à cause de la Dok de Delft (ça faisait un moment que je bavais devant ):


[... La bibliothèque DOK veut devenir un des centres les plus moderne du monde, et pour ce faire, essaie de mettre en avant les innovations et les nouvelles technologies. L'établissement est donc un bâtiment moderne, propose des ebook, une wii et d'autres consoles de jeux (on peut jouer n'importe où dans la bibliothèque et pas seulement dans un espace restreint), un espace café pour les lecteurs, une borne où les usagers peuvent télécharger des informations sur leur téléphone mobile (notamment à partir de la borne TANK U) par bluetooth... Des photos du bâtiment sont disponibles sur la page Flickr du DOK et des vidéos de leurs animations sur leur profil YouTube....]

Et maintenant il y le "Shanachie tour 2007" :


Nan, je vous jure ! Mon intérêt est purement bibliothéconomique bien sur, tout comme certaine, Et si ça se trouve peut être que la photo est trompeuse ;-)

[... L'idée de départ était de réaliser un film sur la présence de jeux vidéos en bibliothèque, (les jeux vidéos ! hum hum ;-) puis leur est venue l'idée de traverser les Etats-Unis d'est en ouest, depuis New-York jusque Monterey où devait se tenir la conférence "Internet Librarian 2007". Chacune de leurs étapes était pour eux l'occasion de collecter un certain nombre de bonnes pratiques et d'idées innovantes censées répondre à ce que peut être la bibliothèque du futur, du moins celle du 21e siècle.

Vous vous imaginez "on the road again" traverser toute l'Europe pour aller à la rencontre des bibliothécaires européens ? Ca paraît tout bonnement incroyable !

Vagabondages ajoute que souvent au cours de la journée de présentation du "Sanachie tour" est revenue l'expression :

"we do a wonderful job !"

Tu m'étonnes !

Wikipedia

Je crois avoir lu quelque part qu'il était question d'une édition papier de Wikipedia...


Quand même !

[... L'image ci-dessus représente le volume de papier nécessaire pour publier l'intégralité du Wikipedia anglais (et anglais uniquement !) sur des livres de 25 cm de haut, 5 cm d'épaisseur, 2 colonnes par page, 80 lignes par colonne, 50 caractères par ligne.
Et encore il s'agit d'une hypothèse de 2007. A noter : la rubrique "Pokemon" de Wikipedia représente à elle seule un volume complet...]

Peut être cela ferait-il du bien à nos usuels, dictionnaires et encyclopédies qui prennent la poussière sur leur étagères, dont ils ne bougent quasiment plus depuis l'arrivée d'internet... ;-)

lundi 12 mai 2008

La bibliothèque est un lieu spécial...

... Ce n'est pas moi qui le dis mais le blog d'une classe de CP

Ecouter, lire, emprunter des livres : 3 phrases sur ce que l'on peut y faire

et le reste consacré à ce qu'il ne faut pas y faire !

Il y a peu quelqu'un dans un commentaire disait quelque chose du genre :

il n'y a plus de plaisir quand on a plus de devoirs que de droits ;-)

dimanche 11 mai 2008

la gratuité

Suite à quelques échanges avec Yvonnic, celui-ci a accepté que son argumentaire en faveur de la gratuité soit repris ici, c'est avec plaisir que je le porte à votre connaissance car je le trouve vraiment intéressant et il peut être une base solide pour tous les défenseurs de la gratuité !

merci à lui

L’impact de la gratuité sur la fréquentation des bibliothèques

Synthèse de données réalisée dans une optique gestionnaire, et reprise actualisée d’un argumentaire effectué en 2001.

La notion de « Coût par usager »

Le « Coût par usager » est un indicateur de performance très classique, et applicable à toutes les bibliothèques, défini par la Norme internationale ISO11620 (Indicateurs de performances des bibliothèques (norme française AFNOR Z48-005 ).

Le calcul de ce coût est « le montant total des dépenses ordinaires (dites aussi dépenses de fonctionnement) de la bibliothèque au cours d’une année budgétaire, rapporté au nombre d'usagers. » Les bibliothèques publiques françaises peuvent ainsi prendre pour référence les dépenses de fonctionnement prises en compte par le concours particulier en faveur des bibliothèques, en bref, les dépenses directes d’achat de livres et autres documents, dont les abonnements, les dépenses de reliure, de fournitures diverses, etc. ainsi que les dépenses de personnel, charges sociales comprises. Ce rapport est généralement rempli par le service financier de la collectivité et certifié par le TPG.

Il s’agit donc d’une source fiable de comparaison.

Les conséquences probables de la tarification :

Quelques projections permettent de les évaluer. On constate d’une part que si l’on prend en compte, comme il se doit, les dépenses de personnel, les recettes des tarifications sont tout à fait marginales. En outre, elles entrainent des frais de gestion (temps de traitement des recettes ou de l'examen des documents susceptibles d'obtenir une exemption, paiement des régies de recette, gestion des régies d’avances, tarifs complexes entraînant des questions incessantes des lecteurs, tarifs non arrondis impliquant des rendus de monnaie systématiques, etc.), qu'il convient de déduire des recettes, et qui le plus souvent les dépassent...

Si, dans le cas d’une bibliothèque dont les services sont gratuits, l’on soustrait du nombre total des usagers, d’un coté les enfants - qui constituent autour de la moitié des usages inscrits, et sont généralement exemptés - et de l’autre le nombre d'usagers perdus par les effets que l’on vient d’évoquer, la tarification s'appliquerait alors à un maximum de 30% des inscrits, ce qui minore encore la part de la recette sur les dépenses de fonctionnement. Reste alors à déduire cette maigre recette des charges de fonctionnement, puis à diviser cette somme par le nombre d'usagers restant.

En général le « coût par usager » explose ! On retiendra que l’inscription a donc un coût pour la collectivité. Si nous comparons la somme des recettes pour inscriptions et des autres recettes moins la somme des dépenses de personnel et des dépenses d’acquisitions, le tout divisé par le nombre d’inscrits, nous obtenons le « déficit direct par inscrit ».

On observe alors que Le coût par inscrit se révèle inférieur de 14% (76 euros) dans les bibliothèques gratuites par rapport aux bibliothèques payantes (89 euros) (données 2000, actualisées). Cette question de gestion mettant en lumière le fait que la tarification n'allège pas de façon significative la charge de la collectivité, mais réduit par contre le nombre des bénéficiaires d’un service dont le coût de fonctionnement demeure constant, reste évidemment à débattre avec les responsables administratifs et politiques, en fonction de ce qu'ils attendent, en termes d'intérêt public, d’une tarification.

C’est la traditionnelle question du « retour sur investissement »…Un chose reste certaine : On évite, en économie publique, d’établir une taxe dont le coût du prélèvement soit supérieur à son produit…

On constate d’autre part des effets pervers, dont le premier est l’accaparement du temps du personnel au détriment de l'accueil du public. Il semble évident que l’on ne tient pas assez compte du coût de la perception et de la gestion de la recette ainsi perçue, non seulement en terme de « déficit direct » mais en énergie et en temps gaspillés. On a calculé qu’en Bibliothèque, le temps consacré aux tâches relatives à l’argent et aux comptes, tâches de régisseurs et adjoints, (délivrer un reçu, faire des rouleaux de pièces, tenir les pièces comptable, se déplacer en perception etc…) équivalait sur l’année à un demi-poste d’agent !

Autre conséquence constatée, dans la mesure où les règlements intérieurs ne l’interdisent pas : De nombreux adultes préfèrent utiliser la carte (gratuite) de leurs enfants pour leurs propres emprunts plutôt que de payer une cotisation.

Des exemples concrets

Données générales : Le pourcentage d'inscrits adultes est supérieur de 3% dans les bibliothèques entièrement gratuites. 75% des villes pratiquent la gratuité pour les moins de 18 ans et 20% ne font payer aucun droit, tous âges confondus. ( En 1992., 20,37 % des bibliothèques municipales déclaraient un « montant des droits perçus dans l’année » égal à zéro, et 19,6 % confirmaient toujours cette gratuité en 1999 (536 établissements sur 2 731).

Suite à une enquête de 1999 (ABF) portant sur 562 bibliothèques, il a été prouvé que le taux d’inscrits par rapport à la population était à l’époque de 21.48% pour les bibliothèques gratuites contre 19.16% pour les bibliothèques payantes.

Soit un écart de 2.32%. Si l’on considère uniquement la population adulte, l’écart est de 3.08%, ce qui confirme l’influence de la gratuité sur le taux d’inscriptions. Les bibliothèques qui pratiquent la gratuité prêtent en moyenne annuellement plus de 7 livres par habitant, contre 5.5 pour celle qui exigent une cotisation, même de niveau symbolique.

Exemples de villes :
La Bibliothèque municipale d’Autun est passée de la gratuité à la tarification en janvier 88.E lle a perdu 30% de ses inscrits. A Nîmes, la gratuité a été instaurée en 1996. . Le nombre des lecteurs a augmenté en une année de 24% (de 19 000 à 23 500 inscrits)La Bibliothèque de Fumel (5400 habitants) avait toujours été gratuite sauf pendant une période de 5 ans. La ville a été contrainte de revenir à la gratuité parce que les inscriptions avaient baissé de façon importante. Le retour à la gratuité, fin 1995, s’est traduit par le doublement du nombre d'inscrits adultes. (677 inscrits adultes en 1995, 1505 en 1996, 1423 en 1997, 1383 en 1998. Soit un passage d’inscrits actifs de 13% à 26% de la population.). A Tours (123 820 habitants) La gratuité totale a été décidée en 2001. Le nombre d'inscrits adultes et enfants est passé de 25 000 à 35 000, (passage de 20% à 28% de la population), et le nombre de prêts a doublé en 3 ans. Un effet durable puisqu’en 2005 la structure affichait encore 36 715 lecteurs pour un volume annuel de 770 000 prêts. En Mayenne, (données collectées en 2000), sur 17 bibliothèques aux statuts différents 9 étaient gratuites, soit plus de la moitié ; Par ailleurs, entre Mayenne (gratuite) et Château-Gontier (payante), la différence en pourcentage d’inscrits par rapport à la population était alors de 15%. A Mâcon, ville qui adopta l’inscription payante en 1993, on remarqua une chute des inscriptions de 40% dans les années qui suivirent.

On peut constater dans les bibliothèques entièrement gratuites comme Limoges un taux d’inscription 3 fois supérieur à la moyenne nationale (45% contre 17,5% ). A Fontaine (Isère), le nombre d’inscriptions a doublé en 1 an, de janvier 2006 à janvier 2007, après le passage à la gratuité

Conclusions :
Il est donc prouvable que le coût et la complexité de la tarification entraînent une baisse des abonnements. On le sait par les villes qui ont opéré un passage à la gratuité, avec un gain important d’abonnements. Même si le prix n’est pas le seul obstacle à la fréquentation des bibliothèques, il semble clair que la tarification ne favorise pas la fréquentation. Dans tous les cas Il n’a à ce jour jamais été démontré que les effets d’une tarification, même modeste, pouvaient être de nature à améliorer la fréquentation d’une bibliothèque. On peut donc au contraire penser que ces tarifs dissuadent une partie du public et notamment celui pour qui l’usage de la bibliothèque ne s’impose pas de prime abord comme une nécessité culturelle.

Par ailleurs la tarification brouille la notion de service culturel, qui devient un service commercial. C’est d’autant plus pervers que l’argent perçu pour les droits d’inscription ou autres n’est pas redistribué dans le budget de la bibliothèque. Le public des bibliothèques associatives accepte ainsi de payer des droits dont il sait que chaque centime permettra d’acheter des ouvrages. Ce n’est plus le cas pour le service public.

La logique des bibliothèques est une logique de service public et culturel, et si les bibliothèques faisaient payer la totalité des coûts directement par leurs usagers, elles basculeraient dans une optique commerciale, qui remettrait en cause leur identité et leurs missions. Ne pas être un service commercial fait que la rentrée financière de la bibliothèque n'est évidemment pas proportionnelle à sa fréquentation.

Enfin la perception d’argent dans les bibliothèques amène des conflits potentiels avec les usagers. Du fait de ce risque conflictuel, les personnels se contraignent souvent à des vérifications et à une minutie (notamment avant l’application d’une pénalité) qui pèsent lourdement sur leur disponibilité d’une façon générale. Les contrôles des agents sur place par les Perceptions ont le même effet psychologique. La tarification peut enfin pénaliser plus lourdement le lecteur occasionnel, qui hésitera à prendre une inscription pour un petit emprunt. Peut-on prendre le risque de démotiver les lecteurs occasionnels, et notamment les estivants ? On constatera également qu’il apparaît que la qualité ou la quantité des services proposés, pas plus que l’importance numérique des villes, ne jouent ni dans la hauteur des tarifs, quand il y a tarification, ni dans le choix de la gratuité quand c’est ce choix qui est fait. Encore moins la couleur politique des collectivités. Il semble au contraire que le choix repose de moins en moins sur des considérations idéologiques ou sur un discours « social », et de plus en plus sur une réflexion faite sous l’angle de la bonne gestion : Les tarifications sont-elles efficientes et efficaces ? C’est aussi une question de cohérence professionnelle. On peut difficilement tenir un discours humaniste sur la lutte contre l’illettrisme et l’exclusion sociale qui en découle et faire payer l’accès à la lecture publique.

Enfin, dans un contexte général actuel assez sombre (perte de 30 000 lecteurs par an en France), et bien que cette situation soit davantage imputée aux pratiques des bibliothécaires en matière de politique d’acquisition et de moyens budgétaires ou horaires,plutôt qu’à la tarification, il reste évident, que la recherche de nouveaux publics est plus que jamais à l’ordre du jour. Et il est clair , par simple logique, qu’une collectivité ne pourra jamais affirmer qu’elle a « tout » fait pour accroître son lectorat, tant qu’une tarification, même modeste, existera.

En conséquence, comme le conseille du reste le Ministère de la Culture, la proposition que tout professionnel se doit de relayer auprès de ses élus, est d’aller vers la gratuité de l’inscription afin augmenter la fréquentation et accroître l'efficience des services de lecture publique, dans un souci d'élargissement des publics.

Dont acte.“Nous disposons d’un instrument social qui ne joue qu’imparfaitement son rôle : les bibliothèques. (…) Elles restent l’apanage des classes moyennes et sont désertées par les classes défavorisées. Il s’agit d’une priorité nationale, car là, la gratuité a tout sons sens“. (Benoît Yvert, président du Centre National du Livre, dans un entretien au Monde , daté du 23 février 2007.)



« Pourquoi les tarifications sont-elles devenues si courantes en France, à la différence des Etats-Unis, Grande-Bretagne et Scandinavie ? Il est à craindre que la vraie raison en soit le désintérêt pour un service que l’on en est progressivement venu à considérer comme marginal vis-à-vis des enjeux majeurs des politiques publiques locales, au bénéfice d’une vision abstraitement « culturelle » et consumériste de l’institution » (Thierry Giappiconi, La Lettre du Cadre, février 2007)

Sources principales-Sur les effets de la tarification :
Jean Louis Lerebours, directeur de la médiathèque d'Arles, « Quelques résultats de l'nfluence des politiques tarifaires sur le fonctionnement des services municipaux de lecture publique », bulletin d'nformations de l'BF, n°184-185, 1999

Thierry Giappiconi, directeur de la Bibliothèque municipale de FresnesAnne-marie Bertrand, « Tarification et bibliothèques municipales », les Tarifs de la culture, sous la dir. De François Rouet, La Documentation française 2002, p.223-237

« L'ctivité des bibliothèques est structurellement déficitaire »Daniel Le Goff, Bibliothèque municipale de Limoges

Anne Azanza B.M. de Tours

Laurence Kerveno B.M. de Fumel

LE SAUX, Annie, « Les politiques tarifaires dans les bibliothèques », BBF, 1993,

B. Poissenot, sociologue « pratiques des bibliothèques »

samedi 10 mai 2008

Acheter sa musique

Un très bon article qui fait le point sur l'offre musicale :

Je veux acheter ma musique c'est posible ?

L'auteur commence par ce postulat qui est à mon sens la base de tout :

- Tant qu'il sera plus facile de télécharger illégalement de la musique que de l'acheter (ce qui est encore le cas aujourd'hui ) le piratage aura encore de beaux jours devant lui.


- Tant que le consommateur ne sera pas rassuré sur la possibilité d'utiliser la musique achetée sur internet comme il l'entend, c'est à dire sans être limité par ces insupportables et stupides DRM, il continuera à télécharger illégalement. Sur eMule ou Bittorrent, pas de DRM...

S'en suit un long développement :

[... L'émergence du numérique a donc eu un effet dévastateur sur la valeur, et pire, sur la sensation de valeur de la musique (c'est certainement la même chose pour le reste, de la photo au cinéma) pour plusieurs raisons :
la dématérialisation : que reste-t-il du plaisir toujours renouvelé de revenir de chez le disquaire avec ses derniers achats et de les découvrir religieusement sur la platine du salon en épluchant fébrilement les notes de pochette ?

la gratuité apparente : pas besoin de vous faire un dessin sur l'extrême facilité de se faire en quelques jours une musicothèque de plusieurs gigaoctets sans débourser un brouzouf .

la mobilité : être capable de faire tenir 150 gigaoctets de musique, soit plusieurs vies de mélomane - dans un truc deux fois plus petit qu'un paquet de cigarette alors que quelques années auparavant il aurait fallu un hangar pour en stocker ne serait-ce que la moitié...
la dégradation de qualité : on ne le dit jamais assez mais le mp3 n'est qu'une version dégradée de l'encodage d'origine. Nous nous sommes habitués à écouter de la musique dont le son n'est pas celui d'origine. Comme à l'époque du vinyle finalement. Tout ce progrès pour ça, c'est ballot quand même...]

Le sens d'une oeuvre...

Bin non je vais quand même pas vous dévoiler tout le contenu de l'article, vous pouvez le lire en entier ce sera toujours mieux ;-)

vendredi 9 mai 2008

quelques chiffres

Quelques chiffres trouvés sur le net : Ca ne bouge pas du côté d'internet
On apprend que l'e-mail et la recherche d'informations restent les usages les plus courants d'Internet, les réseaux sociaux restant loin derrière...
A cela on peut ajouter un article de Francis Pisani, Nous ne lisons pas... :
[... Nous ne faisons pas que lire quand nous arrivons sur une page web. Nous interprétons la logique de la navigation et la disposition des informations. Nous regardons aussi les images.
Pour le reste, nous lisons 20% du texte d’une page moyenne.
Si on prend le temps passé online et la taille des articles on arrive à la conclusion que nous n’avons pas le temps de lire plus de 30% des mots qui s’affichent sur l’écran.
Nous ne lisons 50% de l’information que si le nombre de mots est inférieur à 111.
Plus l’auteur ajoute de mots, moins nous avons de temps à leur consacrer : 4 secondes pour chaque paquet de 100 mots en plus...]
On va finir par tous se mettre à Twitter et à écrire en texto ?

jeudi 8 mai 2008

Un peu de musique

J'aime, minimaliste, répétitif, datée année 70 ....




Du Philipp Glass destiné à "Sesame Street" (sauf erreur une émission pour enfants...)

mercredi 7 mai 2008

j'comprends pas

En faisant l'éloge du dernier Bashung, j'avais mis un player de Dailymotion le montrant au cours de l'émission de Canal+ "le grand journal", et bien sur ça n'a pas raté, comme ça avait été le cas avec l'INA et l'émission sur le rock à Rouen, la vidéo a été retirée !

Il n'y a donc plus moyen de voir cette émission, et on prive ainsi une nouvelle fois le public qui n'aura pas pris le soin d'enregistrer ces images, parallèlement France 5 et M6 rediffusent leur programme gratuitement sur le net.

Ca m'enerve cette hyprocrisie générale, on retire des images ou de la musique sur youtube ou dailymotion, au nom du droit d'auteur et des ayants droits (et on sait aussi que pendant ce temps certaines majors négocient avec Daily motion et Youtube des contrats pour diffuser leurs images)

Et paradoxalement on permet la diffusion de ces images et de cette musique en mettant des codes XML pour des players à insérer sur des blogs ou sites, en précisant que l'usage ne peut se faire que dans un cadre privé et familial. On se fiche de nous : L'usage privé sur le net !!!!!
Ca me fait penser aux premiers lecteurs DVD qui pouvaient lire le format Divx alors que les mêmes firmes qui fabriquaient ce matériel se battaient contre !

Ma question : pourquoi mettre des lecteurs exportables si on n'a pas le droit de les utiliser ? N'est-ce pas là une incitation à devenir hors-la-loi ?




dimanche 4 mai 2008

Les promos ratées

Catégorie : C'est dimanche, retour de la ménagère et du n'importe quoi !


Associer la lecture aux tâches ménagères, il fallait oser ! Electrolux l'a fait : vous achetez un aspirateur et on vous offre des livres avec !

Publicité trouvée dans Elle

(vous remarquerez au passage le subtil jeu de mots : "j'aspire à la lecture";-)

Par contre j'ai raté cette promo là :

Nan mais je vous jure, c'est même pas une blague, c'est tout à fait sérieux :
un extrait de la page d'accueil du site : hommes de ménage.fr :

[... Les hommes sont donc capables de faire le ménage, mais sont-ils réellement capables de bien le faire ? Bien évidement ! D’ailleurs, lors des championnats de France de repassage qui se sont déroulées fin 2006, c’est un homme qui a été sacré champion avec un temps inférieur à 2mn pour une chemise impeccablement repassée.

Et si tous les hommes ne sont pas champions de France, ils vont pouvoir tenter de le devenir : nous sommes en effet sur le point de finaliser un programme de formation permettant aux hommes qui le souhaitent de se reconvertir dans ce métier d’avenir.

L’homme de ménage est donc bien une femme de ménage comme les autres ! ...] ;-)

Note de la ménagère : Avec le Printemps, ils pourraient pas faire la même chose avec :
" gagner un jardinier ?" ;-)

jeudi 1 mai 2008

Amendes

Je reviens sur le sujet des "pénalités de retard" (déjà je déteste le terme) suite à mon histoire de petite souris ;-)

C'est vrai que si cela dépendait de moi il n'y aurait pas de pénalités, éventuellement des travaux d'intérêt général comme le faisait remarquer Valérie dans les commentaires, qui contribueraient à faire découvrir notre métier.

J'entends toujours le même argument : la responsabilisation des usagers (car tout le monde sait que les usagers de bibliothèques sont des délinquants potentiels).
Or il s'agit d'un système répressif qui ne responsabilise personne.

Pour avoir pratiqué les deux, je n'ai jamais remarqué que le paiement des amendes responsabilisait qui que ce soit, bien au contraire : Combien de lecteurs ne reviennent pas, à cause de ce système, parce qu'ils n'ont pas les moyens ou pas envie de payer !
Je cite (encore) mon expérience personnelle de ménagère de moins de 50 ans, mais si je ramène mes livres (à peu près ;-) en temps à la bibliothèque, c'est parce que je sais que derrière moi d'autres attendent pour lire ou écouter le document que j'ai emprunté.
Un minimum de pédagogie se révèle toujours plus efficace qu'un système répressif, y compris chez la ménagère...

La suspension de prêt ne me parait pas un système beaucoup plus fiable, c'est là aussi un excellent moyen de ne pas voir revenir les usagers : J'ai (aussi) vécu ce genre d'experience, qui a fait que je n'ai jamais remis les pieds dans la ludothèque que je frequentais avec mes enfants :

j'ai rendu des jeux en retard (juste 2 jours de retard). Quand la ludothécaire m'a annoncé que j'étais punie, j'ai cru à une blague ! Mais non elle etait sérieuse et envisageait de me priver (enfin surtout les enfants) de la possibilité d'emprunter des jeux. Elle m'a annoncé une suspension de prêt de plusieurs semaines !
Cela fait maintenant plusieurs années que je n'y vais plus.


Si les menaces de répression ont la plupart du temps l'effet inverse (ou aucun effet) sur celui escompté : j'ai des lecteurs qui lorsqu'ils arrivent, sortent systématiquement leur porte-monnaie car ils se savent incapables d'être dans les temps et pourtant ils rendent toujours leurs livres, la vraie menace et la grande peur du bibliothécaire est ne pas voir revenir le livre ou le CD.


Quand vous voyez partir le catalogue des osieaux à 250 € ce n'est pas du retard dont vous avez peur mais de la perte du document et les amendes de retard n'y changeront rien bien au contraire. Quand ils nous arrivent de téléphoner à des usagers dans l'espoir de voir revenir les documents non rendus, on s'abstient d'évoquer d'éventuelles amendes de retard car on sait pertinemment que cela pourrait constituer un frein au retour des documents.


D'un point de vue de responsable de bibliothèque, je suis aux pemières loges, je vois les amendes comme une source systématique de friction avec les usagers, quand on m'appelle au secours c'est en général pour ce genre de problèmes.
Et je me dois de montrer l'exemple (quitte à piquer les sous de la petite souris ) vis à vis du personnel et aussi parce que ma bib fait partie d'un réseau : si je commence à faire grâce des amendes pour des cas aussi peu plaidables que la petite souris, on va me tomber sur le dos vite fait. (on ne rigole pas avec l'argent public)
Je vous rassure, on a convenu de ne pas faire payer les lecteurs hospitalisés ! Mais bon c'est tout juste si on ne leur demande un certificat, c'est vrai, qui sait peut être que certains lecteurs-délinquants nous mentent ;-)

L'autre problème généré par les amendes se situe au niveau de la gestion : mon adjoint responsable de la régie a quand même failli devenir parano au point de changer la combinaison du coffre plusieurs fois par mois : il avait peur qu'à force d'appuyer sur les mêmes touches un éventuel voleur puisse repérer les touches ! Ce qui me mettait dans une situation délicate lors de ses absences ou j'ai parfois eu des sueurs froides 5 min avant l'ouverture de la bib à m'interroger sur la bonne combinaison et à stresser à l'idée de ne pas pouvoir sortir les caisses !

Et je ne vous parle pas non plus des caisses à ramasser le soir et à transporter sans les faire tomber jusqu'au coffre !
Le pire, quand il est en vacances, est que je dois compter ces cochonneries de pièces de 0.05, 0.01, 0.02€ toutes sales ! Et dieu sait si il y en a avec des amendes à 0.15€ ! Opération à faire discrètement, car vous vous retrouvez avec des tas de pièces (si vous etes doués ce sera de beaux cylindres mais ce n'est pas mon cas) étalées partout sur votre bureau.


Je vous épargne aussi les tableaux excel issus des cerveaux démoniaques de la compta qui n'a pas compris que ce n'était pas là le coeur de notre métier et que nous ne baignions pas dedans à longueur de journées, et là ou un comptable passe 5 min, nous il nous faut 3X plus de temps.

Sans parler de l'absence de garde du corps lors des transports de fond ;-)

OUI je suis CONTRE les amendes et POUR les bibliothèques gratuites !

Les commentaires sont ouverts : pour ou contre ?